Du TESGC, sa vie, son oeuvre.

Le TESGC, plus connu sous le doux nom de Traité européen de Stabilité, de Coordination et de Gouvernance a été adopté en due et bonne forme le 8 octobre dernier par l’Assemblée Nationale, jeudi par le Sénat. Autant dire que Cohn-Bendit s’est évanoui d’auto-satisfaction.

Pour ce qui est du Français de base, le manant est prié de bien vouloir hocher la tête et agiter son drapeau étoilé en criant « Noël mon bon maître ! » ;  quant aux fripons qui se permettent de réclamer un débat sur le sujet, Jean Quatremer de Libération les morigène à sa façon très personnelle : « nan mais vous n’avez rien capté les gars, de toute façon, vous avez, bande de rustres, deux ans de retard, on est déjà passé à autre chose, faut se sortir la tête du cul quoi« . C’est bien vrai ça. Où irions-nous, je vous le demande, si on commençait à expliquer des choses au populos, au pue-la-sueur… franchement, d’ici qu’on ne puisse plus déplorer qu’ils n’y comprennent rien… Parce que si vous avez vu un débat sur le TESGC au 20h de TF1, vous avez eu bien de la chance. Quand à trouver des infos concrètes et précises sur le sujet, c’est encore moins simple. Heureusement qu’on a des portraits du fondateur de Playmobil sur le Monde, sinon qu’est-ce qu’on s’ennuierait.

A l’Apostrophe, on ne se prend pas pour de la kro, alors rien que pour vos yeux – et pour emmerder Quatremer et Cohn-Bendit aussi – on va quand même en parler, du TESGC.

D’abord, d’où qu’il sort ? Du choixpeau magique de la Commission Européenne, pardi ! Puisque c’est un traité, on a demandé au parlement européen (ce truc vaguement démocratique et tout) de bien vouloir attendre sagement que les grands discutent, et puisqu’il a effectivement été négocié bien avant l’élection de François Hollande, il va de soi que l’arrivée d’icelui à Bruxelles n’a pas changé une ligne de code du texte, lequel est signé depuis le 2 mars 2012 (le processus en cours est donc uniquement une ratification formelle par les parlements nationaux, la France étant le 9ème état de la zone euro à ratifier son propre petit Canosa).

Et le Traité, que fait-il au juste ? Eh bien, c’est très simple, en fait. Dans le monde merveilleux d’Herman van Rompuy et de ses amis, les États sont très vilains : ils ont des méchants déficits pas beau qui contrarient les gentils marchés où les gentils spéculateurs investisseurs ont très peur pour leurs sousous, vu qu’on sait jamais après tout, la France pourrait bien faire faillite, tant 400 milliards de recettes fiscales par an, c’est quand même limite plouc. Pour rassurer les gentils investisseurs, tous les méchants États sont priés de bien vouloir tailler leurs dépenses publiques qui sont la cause de la dette et donc de la crise, la preuve c’est Franz-Oliver Giesbert qui le dit, et puis si les Allemands l’ont fait sous Schröder, y a pas de raison qu’ils payent pour tous ces glandus de sudistes feignasses et assistés qui n’ont même pas flexibilisé leur marché du travail. Quant aux hippies qui disent qu’on pourrait aussi aller briser les rotules (1) des spéculateurs et des banquiers, histoire de leur apprendre à jouer aux cons avec notre fric, laissez-moi vous dire, Jean-Henry, que ce sont de dangereux utopistes d’ultra-gauche. On constate que pour des gens qui officient dans un contexte aussi terriblement compliqué et complexe, ils ont globalement une vision du monde très simple.

Le problème, c’est qu’avec le TSGC, ils ont peut-être une chance de l’imposer, cette vision du monde. La vision en tout cas, parce que soyons franc : pour ce qui est de rendre obligatoire l’imposition du déficit structurel à  0,5% et celui du déficit tout court à 3%, ça n’est pas gagné. A moins de transformer enfin la BCE en banque centrale digne de ce nom, chargée de garantir la stabilité de l’euro (2) et d’une dette européenne mutualisée, la volonté affichée de la Commission Européenne de surveiller les déficits des États-Membres se heurte en dépit de tout au bon vieux principe de réalité : d’une part, la crise est toujours là et les croissances locales restent proches du zéro absolu, ce qui rend l’idée même d’une politique d’austérité quasiment criminelle, et, dans un deuxième temps, quand bien même les états laisseraient filer leurs déficits (ce qui sera forcément le cas, maudite réalité !) parce qu’au bout d’un moment, il va bien falloir arrêter de regarder passer les délocalisations et les fermetures d’usines et agir un peu, qu’est-ce que pourra bien faire la CE ? Froncer les yeux très très fort ? Laisser l’État tomber en faillite – et donc faire plonger la zone euro dans son intégralité ? Lui faire payer une amende par la Cour de Justice Européenne ? LAWL.

En outre, l’idée du 3% de déficit, pour être intenable, n’en est pas moins un vieux serpent de mer. Elle était déjà là dans le Traité de Maastricht de 1992, et c’est même une invention bien française, mitterrandienne pour être précis. France Inter recevait il y a quelques jours l’Inspecteur des Finances à l’origine de ce chiffre, lequel expliquait benoîtement que lui et ses potes avaient pris le chiffre carrément « au hasard sur un coin de table parce que 3% ça faisait bien ». Économiquement parlant, par contre, ça ne veut rien dire de particulier. Bref, il est certain que le TSGC ne sauvera pas le monde, encore moins l’Europe, il est en fait tout pourri, même pour un libéral. Par contre, il acte bien qu’il n’y point d’espoir sauf l’austérité, et une vision néo-libérale de l’économie, puisque la dépense publique est rien moins que criminalisée (il est probable que le prochain traité exige que le corps de Keynes soit brûlé en place publique avec des traders criant Satan ! Satan ! tout autour) ; joie et bonheur en perspective.

Bien à toi, Amadev.

PS : Cet article a été également publié sur l’Apostrophe 2.0, le journal en ligne qui va bien. Son bien biau site a’ché pôr lô : http://apostrophe.paliens.org/

(1) Législativement parlant, bien entendu.

(2)  A l’instar de ce que fait la BCF pour le Franc CFA.

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Des Roms, des fourches et de la bière…

Salut à toi, petit lecteur curieux ! Je reprend sur le TESGC dans quelques instants, mais d’abord, un petit apparté en mode « Euh, what il est le fuque ? » sur cette histoire de camps de Roms expulsés manu militari par les habitants d’une cité de Marseille. Bon, soyons franc, je reste prudent sur le sujet, essentiellement parce que l’information est à priori la même dépêche AFP qui tourne en rond sur les ondes depuis ce matin. Si je vais tâcher de ne pas verser dans un jugement moral apriori qui n’aurait aucun sens, je vais quand même, parce que je suis comme ça, chafouin, soulever une ou deux questions qui m’interpellent un peu sur les bords. D’abord, les habitants ont eux-même « expulsés« , « chassé« , « fais fuir« , voire « repoussé » les malheureux habitants d’un camp de Roms qui créchait du coté de leur cité, et auquel était imputé une dégradation visible des conditions d’hygiène et de vie dans le quartier, ainsi que de nombreux actes de petite délinquances, dont on imagine bien, pour des populations modestes à quel point cela peut être contraignant et dur à vivre. Outre cette expulsion à priori « pacifique », « les habitants » auraient benoîtement « mis le feu » au campement, une fois ses occupants enfuis. Euh, moi, je sais pas vous, mais quand j’y pense, c’est plus fort que moi : j’ai en tête l’image d’une foule de type « BURN THE WITCH!« , avec force fourches, torches enflammées et exclamations rurales mais bucoliques qui sort du village en gueulant.

Cela étant posé, les Roms sont partis, comme ça, azy, total respect man, parce qu’on leur a gentiment demandé ? Je veux bien croire qu’il s’agisse d’une population qui, dans son pays d’origine (la Roumanie) a l’habitude d’être mis au ban de la société, voire poursuivie par de sympathiques brigades néo-nazie qui prennent un malin plaisir à les tabasser ou à les tuer selon l’humeur du moment (et ce, avec la complicité plus ou moins grande des institution de l’État local, même si ni l’Onu ni Viviane Reding ne s’en offusquent autant que de l’intervention d’une demi-brigade de CRS en France, l’Europe est décidément bien faite) mais quand même… je m’interroge un peu sur la valeur donnée de « pacifisme » nécessaire. Sans préjugé des habitants, le contexte pourrait laisser penser par exemple à l’intervention d’une bande de dealers munie d’AK-47 débarquée de sa cage d’escalier par ras-le-bol de ces présences qui attiraient peut-être la police et nuisait à leur commerce. Et même, si on considère qu’il s’agit bien d’une association de riverains excédés, bons citoyens, et un peu portés sur la torche, qu’auraient-ils fait si, en réponse à leurs demande « pacifique », les roms avaient opposés un « niet » velu ? La situation se serait-elle réglée à coup de fourche dans la margoulette ou ils seraient tous rentré faire une partie de tarot en buvant du pastis (1) ?

Deuxième grosse question : la police était selon les premiers témoignage présente sur place. Elle n’est pas intervenue devant « la résorbtion amiable et pacifique du contentieux« , et n’a pas non plus trouver matière à agir, aucune infraction n’ayant été constatée selon elle. De la part d’un corps de métier qui fait une partie de son beurre grâce au fait qu’il n’est guère possible de ne commettre aucune infraction à aucune loi autrement qu’en restant 24h sur 24h enfermé dans une cave obscure (3), c’est assez surprenant. Je suis presque sûr qu’il n’est pas autorisé en France de faire un feu de joie avec les possessions matérielles d’autrui, fus-ce-t-il un Rom, et donc un citoyen (européen) de ixième zone. Je suis par contre certain qu’en aucun cas la loi française ne permet à une association de citoyen de prendre en main l’expulsion d’un groupe de Roms (ou de prendre en main toute pérogative du pouvoir judiciaire). Ce n’est pas parce que le juge rend une justice au nom du Peuple Français que le peuple français est autorisé à exercer le dit pouvoir judiciaire tout seul. Un peu comme le politicien. Il vote et gouverne au nom du Peuple Français, c’est pas pour autant qu’Hubert Dupont est autorisé à ouvrir son claque-merde en pleine assemblée nationale, il faut avoir été élu pour avoir ce privilège (4).

Je vais essayer de trouver ultérieurement les textes de loi qui régulent les procédures d’expulsions (je crois que le terme exact est « mesures d’éloignement », puisqu’on ne peut pas vraiment expulser un membre de l’Union Européenne et qu’expulsion à coup de pied au cul, ça fait pas très politiquement correct), mais à priori ça doit être soit de la compétence du Préfet local (donc une décision administrative) soit de celle d’un juge (transmise au préfet dans ce cas, qui de toute façon met en oeuvre « la mesure d’éloignement ») saisi d’une plainte. Merci Service-public.fr !! 🙂 Voilà, c’était mes questions chafouines. On verra bien ce qu’il en sortira une fois qu’une dose de journalistes seront venus mettre leurs gros sabots à clous dans les plates-bandes locales.

(Pour les fous furieux que cela intéresse : http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=EB003BBD4EB3ABAF8869231CE7F65CEA.tpdjo06v_3?cidTexte=LEGITEXT000006070158&dateTexte=20120928 . Livre V et sections suivantes. Merci, Légifrance.fr !!)

Cordialement (j’ai pas oublié le TESGC), Amadev.

(1) Attention : ceci n’est pas un cliché.J’aime bien jouer au tarot (et boire du pastis aussi ^^)

(2) Est-ce à dire que dans le cas d’un règlement non pacifique de la chose, elle aurait bougé ? Et dans quel but ? Pour séparer les belligérants éventuels (et par le fait expulser les Roms pour agression ?)

(3) Regardez Natacha Kampuch. 24 ans et aucune contravention !

(4) et si nos dignes représentants nationaux sont les plus méritants des membres de notre belle communauté nationale, je m’inquiète un peu à l’idée que Nadine M. Jean-François C. ou Gilbert C. puissent être compris dans cette acception qui me semble du coup un brin douteuse.

A l’Ouest du Faubourg Saint-Honoré rien de nouveau

« Il faut que tout change pour que rien ne change« , selon le mot de Tancrede. La France post-sarkozyste est un exemple remarquable de la véracité du cynisme de Guiseppe (1). Tout a changé… et rien ne se passe.

Le Changement c’est main… bientôt.

Non, vraiment, en trois mois, il ne s’est quand même absolument rien passé, y compris dans le cadre de l’affaire PSA, qui ne représente jamais que 25 000 emplois (en France, on s’en fout des emplois perdus chez les autres). Bien entendu, à aucun moment je n’avais ne serais-ce que caressé l’espoir vain que François Hollande change le monde. Lui-même d’ailleurs ne le prétendais absolument pas, et c’est d’ailleurs avec une bonne fois taillée en mithril que les bataviens expliquent que le gouvernement applique à la lettre toutes ses promesses de campagne. Ben, du coup, oui. En même temps, il n’avait rien promis et annoncé en substance qu’il ne ferait pas grand chose à cause de 1) l’Europe 2) La dette, oh mon dieu, la detteeeeeee ! Vous me direz, entre promettre n’importe quoi comme Sarkozy, ou rien promettre du tout comme Hollande… la différence est faible. Enfin, si : rien ne se passe, mais au moins on a pas perdu de temps à faire semblant. Le quinquennat Sarkozy a été la chronique lamentable du renoncement successif à l’application de tous les projets de loi (2) censé concrétiser les promesses de campagnes, jusque et y compris à l’énorme dossier-enjeu de la Dépendance, aussi appelé « Il y a 20 millions de vieux, filons-leur un paquet de blé pour qu’ils votent bien ». En étant sympa, on dira que c’est une illustration de l’écrasement du volontarisme politique sur le rocher de la réalité. En étant réaliste, on conclura que sauver l’Europe du libéralisme en rajoutant encore plus dans le délire libéral, ça revient à vouloir sauver un mourant en lui tirant une balle dans la tête.

« La Commission européenne sauvant le peuple grec à coup de hache sous le regard de la Chine » – 2012- Huile sur toile – Angela Merkel

Il est à craindre désormais que le quinquennat Hollande se résume à une longue attente, les renoncements ayant tous été actés – et très clairement annoncés – avant même l’entrée en campagne du candidat Hollande. Il n’y a absolument rien de surprenant là-dedans, et il est aussi vain de crier à la trahison ; Hollande, et le parti socialiste en général, sont tous deux dans leur rôle, appliquant du mieux qu’ils peuvent leur doctrine sociale-libérale, pendant de l’ultra-libéralisme sarkozyste qui vise peu ou prou les mêmes choses : assurer l’ordre social établi, dans le but de laisser libre champ à ceux à qui profitent (massivement) de cet ordre pour s’en mettre plein les fouilles. La différence principale, c’est que le social-libéralisme considère qu’il vaut mieux donner un peu de miettes (quelques alloc’, un peu de respects, des droits…) au bon peuple pour qu’il reste calme plutôt qu’en lui foutant des coups de matraques dans la gueule, ce qui vise la même finalité, mais est plutôt dans les habitudes de l’ultra-libéralisme. En somme l’alternance, c’est la carotte et le bâton pour l’âne de la population : c’est la magie de l’alternance dans un système bipartisant (3), sur le modèle de l’Amérique ou de la France, donc.

En vérité, quand bien même Hollande voudrait sincèrement (et d’ailleurs, je le croit sincère) vaincre la crise, il en serait parfaitement incapable. Mais pas seulement, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, parce qu’il en est empêché par les règlements dictatoriaux et à la limite de la démence d’une Union Européenne sciemment construite de manière à en expurger toute trace, fus-t-elle microscopique de démocratie populaire (toujours trop prompte à ne pas considérer les deux faces du problème, comme le bon sens versus les petits cadeaux des lobbystes). ça, c’est un argument foireux. Certes, l’Angleterre est contre tout et l’Allemagne contre ce qui reste, mais ça laisse 25 petits camarades qui sentent passer le rasoir de la dette. En effet, de la même façon qu’un kremlinologue (4) ne pouvait concevoir un monde sans Union Soviétique, le gouvernement ne peut concevoir le monde qu’au travers de l’idéologie libérale – une idéologie d’autant plus forte que son principal titre de gloire est d’avoir fait croire à tout le monde qu’elle n’est pas du tout qu’allez vous croire ma bonne dame ! une idéologie comme une autre, mais rien moins que l’état normal de l’homme, comme la station bipède.

De là les ballottements tristounets d’Arnaud Montebourg, ministre affublé d’un ministère au nom marrant à défaut d’un budget et d’une administration efficace (5). Ben oui, c’est con, mais quand on est un état, y a deux moyens d’influer sur la politique économique de ses entreprises : 1) par le réglement, ce qui n’est pas toujours efficace pour les raisons évidentes que au bout de trois cents années de réglementations souvent contradictoires, ça s’annule dans tous les sens et que la modernisation du droit administratif arrivera probablement le même jour que le Ragnarok, et petit 2) par la prise de participation directe au conseil d’administration des entreprises, un système qui a fait les grandes heures des Trentes Glorieuses et du boom économique chinois (lequel applique avec succès les méthodes européennes des années 1860, soit dit en passant). Seulement, comme cette prise de participation (qui rapporte de l’argent à l’état, sacrilège) prive les ploutocrates (je ne vois pas quel autre nom leur donner) libéraux d’un confortable gâteau, et en plus pourrait les forcer à privilégier l’intérêt personnel d’eux-même à l’intérêt général de tous les Français, l’état s’est empressé de s’amputer de tous ces moyens d’actions efficace sur l’économie, sans oublier de s’ôter amoureusement la compétence sur le contrôle de sa propre dette. En bref, l’état a agi dans le contraire du simple bon sens économique et politique, et tant qu’il ne voudra pas revenir là-dessus, sera forcément vaincu dans la bataille (à fortiori sous Hollande, puisqu’il refuse de l’engager, la fameuse bataille).

En bref, rien ne sert de crier, il fallait voter plus tôt (c’était le passage « je vous l’avais bien dit » de cet article) : Hollande va sauver les meubles de son mieux, agira de façon globalement plus positives que son prédécesseur, et reconnaîtra même diverses évolutions de la société, comme par exemple le fait que désormais les homosexuels sont des êtres humains et qu’ils jouissent des mêmes droits et devoirs que leurs petits comparses, ce qui objectivement, n’intéressera que les intéressés et fera la grande joie du dernier carré de curetons (qui n’aiment rien tant que démontrer que la religion peut encore se rendre ridicule) et des laicards (qui vont pouvoir rebouffer du curé à la pelle grâce aux sénilités de monsieur Barbarin, évêques des Gaules.). Au moins, on va s’amuser un peu avant de couler. Bref, une petite pause avant la chute. Oui, ce billet est vaguement pessimiste, mais toute ma reconnaissance envers François Hollande pour avoir prolongé de cinq ans notre espérance de vie avant la Grecquisation  (n.f. : se dit d’un pays foutu dans la merde par des libéraux inconséquents qui revote pour ces-derniers de peur de s’en sortir d’une manière moins conforme au diktat germano-orthodoxe) ne peut suffire à me faire oublier qu’à chaque fois que les socialistes ne font rien lors d’une fermeture d’usine, on martèle aux oreilles du petit peuple que c’est la Gôche ne peut rien. Ben oui, c’est la gauche, merde ! Enfin, puisqu’ils le disent eux-même, les socialistes, qu’ils sont à gauche ! On ne va pas mettre en doute leur parole, hein, petits sacripants, ils doivent bien le savoir, où ils sont, et ils sont à Gauche, qu’on se le dise. Ils sont à gauche parce qu’ils le disent, et s’ils le disent, c’est bien parce qu’ils sont de gauche, non ? CQFD.

Bref : Gôche ne peut rien, Droate a déjà échoué. En somme, Pince-mi et Pince-moi sont dans un bateau, la crise les fout à l’eau, qu’est-ce qui reste ?

Bien cordialement, Amadev(fr) who is back.

(1) l’Auteur de ce Blog est l’un des rares êtres vivants à avoir fait une terminale L et a avoir voué un culte à di Lampedusa et à son fameux Il Gatopardo.

(2) Il serait fastidieux d’en dresser l’interminable liste, mais du Grenelle de l’Environnement jusqu’aux lois de censure (ou  loi « par ici le vote des arméniens« )

(3) Système bi-partisant. Système dans lequel seuls deux partis sont assez important par nature pour pouvoir prétendre gouverner, l’un chassant l’autre à chaque échéance, comme deux hamsters qui se courent après dans une roue. Par définition, chacun des deux partis étant assurés, moyennant un peu de patience de revenir tôt ou tard aux affaires, il serait suicidaire de sa part de détruire la roue (et tous les avantages confortables qui y affèrent), pour, par exemple, créer une vraie justice sociale.

(4) c’était ces journalistes occidentaux qui du temps de l’URSS étaient spécialisés dans l’étude de ce qui filtrait de l’enceinte du Kremlin (grosso modo, que dalle) pour prédire le jour de la fin du monde, d’après une savante triangulation entre le repas mangé par le Premier et le vol des Sukhoi dans le ciel. Leur inefficacité à prévoir la fin du monde fut confirmée une bonne fois pour toute en 89, pas un n’ayant pu imaginer un monde sans URSS, et donc sans boulot (pour eux).

(5) Ce qui n’est pas un oxymore pour moi.

UMPS ? U don’t say ?

C’était l’un – si ce n’est le – des thèmes majeurs de la campagne de notre Front national, l’argument principal sur lequel le parti des hauteurs de Saint-Cloud se basait pour se présenter comme la victime : la collusion UMPS.

Il parait que dans le temps les partis de gouvernement s’alliaient entre eux, tacitement, pour que des partis anti-républicains et antisémites n’entrent pas à l’Assemblée Nationale. On appelait ça le Front Républicain, puisque la République, par définition, ne se fonde pas sur une rhétorique qui vise à prouver que le problème, en fait, c’est surtout les autres, surtout s’ils sont franc-maçon, communistes ou juifs basanés et qu’ils prient pas comme nous. Le Front National n’aime pas beaucoup le « Front Républicain », en théorie parce que c’est rien qu’un argument moisi pour que les grands partis continuent à confisquer le pouvoir, en réalité surtout parce que si le Front s’appelle National, c’est parce qu’il n’a rien de Républicain. Et qu’il n’a pas compris grand chose non plus de ce qu’est la France. Nonobstant, je m’attendais, partout où la République est en danger, c’est-à-dire là où la peste noire s’est installée au deuxième tour, à ce que l’Union Sacrée prévale entre droite et gauche, unie dans la mystique républicaine qui va bien, parce que, credieu, c’est pas parce qu’on est de droite que l’on oublie d’où on vient et ce qu’il y a en face.

Ah ah ha ! Non, allez, sérieux. J’entendis Nadine Morano, ancienne ministre de la République (même si j’avoue que c’est un souvenir que nous voulons tous oublier, même à droite) nous dire – dans Minute –  » Bah ouais, Paulo, j’ai les mêmes valeurs que le Front National et vice-versa, et alors, ça t’défrise ? Et quoi, Paulo, c’est plus le temps d’faire ta duchesse, là, faut poser les couilles sur la table, sort ta queue et pisse un coup, voilà c’que j’en dis« , ce en quoi d’ailleurs elle se montra une nouvelle fois l’archétype le plus parfait du Sarkozysme historique : vulgarité, faute de français et opportunisme de péripatéticienne de la politique. La « droite décomplexée » ? Oui, y a un nom pour ça, c’est Extrême-droite. Qui est le mot poli pour d’un conservatisme réactionnaire aux cheveux ras, aux idées courtes et au mot d’ordre simple (Protéger le Libéralisme Servir le Patrimoine !) des plus classique dont l’Europe a pu s’enorgeuillir dès 33 (1). Suite à quoi Courage Fillon, ex-premier ministre au sourcil fourni et au gaullisme social, délivrait cette citation  -authentique (et déjà cultissime)- : « Mais oui, les valeurs des électeurs du FN sont les mêmes que celles de Mme. Morano. Les valeurs de Mme. Morano sont les mêmes que les miennes. Mais nos valeurs communes ne sont pas celles du FN. »… euuuh… ben, si, du coup ? ‘fin, tu viens de le dire quoi. Non, je veux dire, si valeur FN = valeur UMP alors valeur UMP = valeur FN.

Rendons ça plus clair.

Si par A on entend les valeurs des électeurs du FN, qui sont donc, par définition celles du FN, par B, on entend les valeurs de Nadine Morano, et par C, celles de Fillon, et donc de l’UMP, et que si A=B et que B=C alors A=C.

On appelle ça la relation de Chalses, et c’est l’unique formule mathématique que j’ai jamais fait l’effort de vaguement retenir de toute ma scolarité. Comme quoi, mon prof avait raison finalement, les maths c’est parfois utile dans la vie.

Dans le même temps, le sémillant Chassain, candidat malheureux à la députation dans le Gard annonçait de but en blanc son désistement en faveur de … la candidate FN pour faire battre la Gôche forcément socialo-communisssss’, mais quand même républicaine, manque de pot. Ce qui fait, que, j’ai beau chercher, et Marine Le Pen peut bien se faire mousser avec son espèce de ridicule « liste noire », on observe bien plus un phénomène UMPFN (ou FNUMP, vu que c’est l’UMP qui va au FN et non le FN à l’UMP) qu’une alliance UMPS. C’est Mongénéral qui doit kiffer sa race.

« Stu une joke, là ?!! »

La droite peut bien essayer de la dissimuler avec la discrétion d’un couteau dans le dos de Ségolène Royal (2), mais la politique « du ni-ni » – ni PS ni FN – ne consiste rien de moins à mettre sur le même plan le PS et le FN. Pourtant, à moins d’être gravement atteint, on ne peut ignorer qu’entre FN et PS il existe comme une petite marge dans l’infamie. Certes, modeste, je suppose, pour un esprit ump de base, mais quand même, enfin, c’est déjà grave de poser qu’entre des républicains de gauche et des xénophobes bornés (que normalement jamais vous leur parlez, hein, c’est bien ce que vous prétendez) il n’y a pas de différence. Ou alors… ou alors, il faut retourner le problème et considérer en fait que pour l’UMP, il n’y a désormais d’infamie à s’allier avec le FN, lequel serait en fait une espèce de « parti communiste de droite« , donc en gros,un allié naturel dans la guerre contre l’horreur gauchisto-sociale, idée qui est délicatement propagée à coup de bottes ferrées par les éditorialistes pré-UMPFN tels que les remarquables Eric (Zemmour) Ivan (Rioufol) et Elisabeth (Lévy) plus connus sous le nom du Club des Fols ; après tout, c’est la « bien-pensance » de la Gôche honnie et son « angélisme » criminel qui ont ostracisé un parti National-Républicain (the fuck ? oO), qui dit « pas que des choses fausses » -ma bonne dame-, qui « défend courageusement notre modèle social » -depuis Saint-Cloud, donc-, et qui en plus, ne s’attaque plus (ouvertement…) aux Juifs-complotistes-franc-maçon-sionisto-communistes (ce qui serait diabolique, méchant et nazi), mais aux musulmans islamistes-terroristes-venus-par-bateau-tuer-nos-enfants, ce qui n’est que d’un laïcisme bien républicain, même s’il interdit aux Pédés  homosexuels de se marier ensemble, et aux assassins avorteurs d’exercer leur métier, parce que c’est interdit par la Bible (qui n’est PAS un livre religieux du tout, figurez-vous). LOL.

Seulement, cette « dédiabolisation » du FN, c’est du bullshit, un discours de Jean Charest serait plus honnête ; c’est que, voyez-vous, le FN, comme tout ses petits camarades, n’en a en fait rien à carrer que la victime de sa haine soit l’immigré, le représentant d’une religion non catholique ou le patagon. J’ose même dire que les musulmans, l’islam, tu t’en bat la nouille avec une francisque. Un jour ou l’autre – comme tu n’arriveras probablement jamais à vraiment prendre le pouvoir chez nous, sauf invasion de l’Allemagne -, les mentalités auront changé comme elles changent toujours et plus personne d’autre -hormis que les éternels paumés de l’histoire que tu rassemble normalement- ne s’offusquera de ce que Momo mange son poulet hallal ; ou que Laurence et Gertrude puissent se marier et avoir beaucoup d’enfants, et tu arrêteras alors de nous casser les fumes avec ton islamophobie à la gomme. Mais je ne me fais pas de soucis, tu ne manqueras pas de trouver un nouveau groupe de bouc émissaire. L’important pour toi, ô mon ami réactionnaire conservateur au front bas, c’est juste de haïr. Tu t’en fout du resteL’objet de cette haine, limite, il s’en bat : la haine, l’exclusion, la dénonciation de l’Autre, c’est ce qui justifie son existence, et il n’existe que par elle, c’est son fond de commerce au final. Tu peux essayer de cacher ça, de transformer ton nom, de changer de victime, c’est inutile ; en définitive, ton but, cher Fn, c’est toujours de dénoncer autrui pour bloquer toute progression de la Gôche, ton seul, unique et véritable ennemi depuis que tu existe.

De là, il est excessivement peu surprenant que l’UMP s’allie avec le FN ; eux aussi, ils ont des petits problèmes avec la Gôche. D’ailleurs, convenons que les éditorialiste de la Drouate ont bien raison, d’un certain point de vue : dans le combat pour la défense de l’Argent de la doxa ultra-libérale, on peux penser, quand on pense comme eux, que le meilleur allié face au PS partageur et social (lol), c’est le Front National.  De là, il est normal de dénier à l’UMP le droit de représenter la droite républicaine (qui n’est donc pas la même que la droite parlementaire), celle qui ne pactise pas avec l’extrême-droite. De là aussi, on peut avoir un peu de compassion pour François Bayrou, qui paye pour avoir sauvé l’honneur de la droite – ce qui ne lui a pas valu un meilleur sort de la part du PS, mais voilà dix ans que les Socialistes attendent pour pouvoir se goinfrer à leur tour, c’est pas pour réagir plus intelligemment (3) que leurs prédécesseurs malchanceux. Et heureusement, d’ailleurs, parce que sinon, il n’y aurait plus d’alternance, avouez que ça serait ballot…

Bien cordialement, Amadev (FR)

(1) Sans faire de comparaison oiseuses, remplacez crise de 29 par crise de 2008, Youpin par Bicot et « ce jeune caporal allemand prometteur, ce monsieur Adolf » par « cette jeune blonde sympathique », et les similitudes vous sauteront aux yeux. Tout simplement parce que de tout temps et en tout lieu, l’extrême-droite n’a jamais été rien d’autre que les idiots utiles du système capitaliste, pour détourner l’attention des masses sur le bouc émissaire de service, histoire qu’ils arrêtent de se demander qui a provoqué la fameuse crise économique. Non, non, la Grèce est juste victime de l’immigration illégale, allons. Are u fucking kidding me ?

(2) Franchement, après la campagne de 2007, je pensais pas qu’il y avait encore la place pour un de plus, mais l’histoire récente vient de nous prouver le contraire. Et à mon humble avis, les défenseurs des droits de la femme ne vont pas remercier très chaleureusement la Première Folcoche  (comme doivent déjà l’appeller les Quatre Fils Aymon Hollande).

(3) En s’alliant avec le Front de Gauche de manière correcte et honnête, il y aurait bel et bien eu une vague de gauche à l’assemblée. Mais, non, le PS ne voulait pas.

Le gouvernement plane.

C’est une vérité éternelle, quasiment jamais remise en cause. Tous les gouvernements, de quelque bord politique qu’ils soient, perdent, au moment de leur arrivée au pouvoir, toute conscience plus ou moins claire de l’état d’avancement des sociétés dont ils émanent. En terme de politique publique,les gouvernement sont très rares à se lancer d’eux-même dans la merveilleuse aventure du progrès, même lorsqu’ils sont de gauche. A dire vrai, et bien que je n’ignore pas que je vais contrarier les étudiants du MESRQ qui sont des dizaines de milliers à me lire, l’immense majorité des acquis sociaux n’ont pas été donné gracieusement au bon peuple par le pouvoir, mais arraché par ce dernier, avec la menace de noyer le dit gouvernement tête la première dans la Seine. Le gouvernement va plus spontanément en arrière qu’en avant, c’est évident. En fait, là, hormis l’abolition de la peine de mort, assez peu d’exemples me viennent là comme ça à l’esprit. Pour être honnête, depuis ce temps, sur le front du progrès social, le pays des droits de l’homme tend réellement à se reposer un peu trop sur ses acquis. Je veux dire que bon, quand même, quelle raison valable peut être avancée pour qu’un état laïque refuse à une part de sa population le droit de convoler en juste noce devant monsieur le maire, au motif que cette part de la population trouve une moitié qui est désapprouvée par les avis des ouvrages religieux, ce dont, soit-dit en passant, l’État laïque n’a normalement rien à carrer ? Il y a quelque chose d’humiliant d’être derrière le Portugal et les USA, quand même. De même qu’il y a quelque chose de terrifiant, quand en 2012, on parle encore « d’IVG de confort« (1) – probablement le terme le plus répugnant de la dernière campagne avec Assistanat, qui objectivement remporte la palme à mon sens.

Le récent non débat sur la dépénalisation (on n’évoque même pas sa légalisation, d’ailleurs) du diabolique plant de cannabis dans notre beau pays est l’un des derniers exemples de ces moments terriblement génânts où nos gouvernements abandonnent tout bon sens pour se ruer dans les postures les plus convenues et les moins intelligentes qu’ils soit possible d’avoir. Sans même parler du fait que la prohibition claire et nette non seulement du produit, mais carrément de tout débat à son sujet n’envoie guère du lourd question démocratie. La question n’est pas ici de se prononcer sur un jugement moral quand à la consommation d’une drogue fut-elle douce. Il est évident que cela est mal, et qu’à titre personnel, je réprouve la consommation de drogue, inclusivement celles qui sont légales bien que mortelles, telles le tabac ou l’alcool. Fumer c’est mal. Il ne faut pas.

C’est MAL, jeune, apprend-le.

Cela étant dit,, au contraire du gouvernement, nous allons évacuer la question morale pour nous poser le problème de façon rationnelle et politique, à titre d’exercice intellectuel en politistes à l’esprit fin et acéré que nous sommes. Douze millions de consommateurs, ça ne s’écarte pas d’une pichenette, et de toute façon, l’État n’a absolument pas à être moral, mais simplement à assurer la survie de la communauté humaine, c’est-à-dire de l’intérêt général, lequel est évidemment issue de la volonté démocratique du peuple souverain, bla, bla, relisez Rousseau. Bref, entrons dans le vif du sujet : le problème essentiel dans la question du cannabis en France, c’est qu’un gouvernement n’est pas censé se comporter de manière irrationnelle – ou court-thermiste, ce qui est pire – comme il le fait sur la question mais au contraire, selon les nécessité de la Raison et de l’Intelligence. Le philosophe-roi, le technicien de la polis, ou celui qui dispose des moyens de productions du signifiant politique (2), quelque soit le nom qu’on lui donne est censé obéir aux règles froides et glacées de la Raison pour le bien de l’Intérêt Général, merci pour lui. C’est-à-dire que quand quelque chose est manifestement totalement inefficace et parfaitement contre-productif, il ne sert à rien de s’acharner dessus en espérant que les choses vont s’améliorer par miracle, mais bien au contraire, il faut couper la branche pourrie et améliorer ce qui marche. La politique publique en vigueur en France de lutte contre la consommation de cannabis passe uniquement par une répression policière de la consommation – c’est en effet le consommateur de cannabis qui est directement visé, sachant qu’un quart (selon le blog Police du Monde, dont on peut penser qu’il sait de quoi il parle) des procédures policières selon les Sacro-saints Chiffres Sarkozistes est représenté par les affaires de détention d’un demi-gramme de shit en sortie de boîte (3), ainsi que, de temps en temps, un ou deux malheureux trafiquants de seconde zone, les vrais responsables se reposant bien au chaud dans leurs riads du Maroc, à deux cents mille bornes des Stups.  Cette politique a-t-elle eu un effet sur la diminution de la consommation ?

Dans la mesure où celle-ci ne cesse d’augmenter, on peut assez clairement dire que non ; dans notre beau pays, voyez-vous, douze millions de citoyens (quand les marginaux deviennent la majorité, ça pose problème, non ?) ont déjà coupablement tâté de l’herbe à Marie-Jeanne, et environ un million et demi d’individus en seraient des consommateurs réguliers (c’est-à-dire une fois par semaine, tandis qu’être consommateur régulier d’alcool par exemple, c’est plus de trois verres par jour pour un homme). Bien entendu, les jeunes sont majoritairement concernés par cette pratique, selon l’ancestral principe du décalage entre génération. Il est vrai que les jeunes sont coupables de tout et on des moeurs dissolues, les sagouins. Ensuite, la politique de répression coûte plus cher qu’elle ne rapporte, environ 22 millions par an, toujours selon le blog police du Monde, qui s’y connaît un peu. Et on ne parle là que du coût des opérations de police directement lié à la répression de la consommation, puisque les coûts annexe liés à la délinquance qu’engendre naturellement le trafic, en particulier dans les zones populaire, lui pourrait atteindre les deux milliards par an. De plus, la prohibition de toute drogue de grande consommation, historiquement parlant, n’a jamais rien fait d’autre qu’encourager les trafiquants et nuire encore plus à la santé publique ; le meilleur exemple en est encore la Prohibition de l’alcool aux USA, qui a conduit les populations à consommer volontairement des liquides aussi suspects que ceux que pouvaient servir Lulu la nantaise dans son troquet bizarre (Référence, référence !!). Que des clients devenaient aveugles, ça faisait des histoires. Et tout ça pour quoi ? Parce que le gouvernement est incapable de réflechir sainement au sujet, au motif que, « oh, mon dieu, les Français ne sont pas prêt« , dixit la Gôche. Non, parce que faut être très clair : les seuls qui profitent réellement de l’illégalité du cannabis, c’est les trafiquants et les députés de droite les plus stupides, enfin, réactionnaires (ceux dont les électeurs fument comme des pompiers et boivent contre des adjudants).

Ben c’est pas en les empêchant de se faire leur opinion eux-même dans un débat ouvert et démocratique sur le sujet qu’ils vont l’être, prêt.

Parce qu’en fait, si on y réflechi bien, au sujet fumant du cannabis, on se rend assez vite contre que la dépénalisation est non seulement souhaitable, mais évidente. C’est même la seule façon de lutter efficacement contre le trafic, à condition bien sûr de procéder de la façon recommandée par le député Daniel Vaillant dans son rapport, notamment par l’instauration d’une Seita (Société nationale d’Exploitation Industrielle des Tabacs et Allumettes, oui monsieur) du Cannabis. On ne peut pas rejeter le sujet au motif que « oh mon dieu la beuh c’est une drogue« . Ben, oui. M’enfin, que je sache, l’alcool, le tabac et le café, l’un dans l’autre, c’en est aussi, et la logique voudrait que ça soit interdit aussi. Dire que le cannabis est dangereux pour la santé, n’est pas strictement faux. Mais le dire en autorisant largement la consommation massive d’un tabac abominablement trafiqué, dénaturé et blindé de milliers d’atroces saloperies chimiques, toxiques et radioactives qui tue près de cinq millions de personnes par an (c’est-à-dire plus que toutes les autres drogues, les voitures, les guerres et le SIDA réunies), c’est carrément du foutage de gueule massif. En fait, le seul vrai danger de santé lié au cannabis vient précisément de son illégalité ; ce qui est dangereux pour le consommateur dans un joint ou un bang, ça n’est pas la feuille de cannabis, voyez-vous, c’est la grosse dose de tabac qu’il faut bien utilisé pour compléter la maigre pincée d’une minuscule quantité de weeds, vu que ça coûte une telle fortune (dix euros le gramme fourchette basse me dit un collègue qui s’y connaît, lui) que faire un joint « normal », c’est-à-dire entièrement composé d’une dose raisonnable de cannabis comme on fait dans les pays civilisés (dont le Canada curieusement) est totalement hors de propos. Pour la même raison, c’est parce qu’il est illégal que certains malheureux en viennent à toucher au fameux « shit » qui est aussi sain à consommer que son nom l’indique. Le shit, qui est authentiquement dangereux, lui – en fumer est un acte de folie furieuse dans la mesure où on y trouve n’importe quoi, du genre pétrole, essence, colle, trace de drogues à très très forte accoutumance genre cocaïne, etc.

A coté de ça, la weeds « pure » n’a pas grand chose de toxique (bon, la rumeur comme qu’elle rendrait schizophrène est plus ou moins du niveau du crocodile dans les égoût de Paris quoi). Il est notamment impossible de s’intoxiquer mortellement (d’avoir une overdose quoi) avec ce produit, contrairement, d’ailleurs, à toutes les autres drogues, du coma éthylique au cancer des poumons. Évidemment, il faut pour ça qu’elle soit pure. La seule façon de s’en assurer, c’est que l’État prenne en charge lui-même personnellement la production et la distribution du cannabis, s’accompagnant d’un règlement draconien, exactement comme il le fait avec l’alcool.

Pourquoi l’État doit-il produire lui-même le cannabis ? Pour couper l’herbe sous le pied des trafiquants. Le problème de la guerre contre la drogue, c’est que l’État fait semblant d’ignorer que les entreprises criminelles sont des entreprises comme les autres ; qu’une économie parraléle est toujours une économie, qu’un grand trafiquant est un patron comme un autre. En vertu de quoi, la guerre répréssive est totalement inefficace : arrêter un trafiquant ne fait que provoquer l’apparition immédiate d’un nouveau type prêt à reprendre le flambeau. Détruire un stock de contrebande n’a d’autre effet que d’augmenter mécaniquement les prix du cannabis sur le marché noir, rendant d’autant plus intéressante sa vente. A vrai dire, plus la guerre contre le cannabis est violente, plus il devient rentable de se lancer dans ce trafic, d’autant plus, on le voit, que la consommation en est exponentielle. Alors que pour briser les reins à cette industrie, il suffit de l’écrabouiller par la loi élémentaire de la concurrence déloyale, c’est-à-dire en vendant sa propre beuh, contre laquelle le trafiquant ne pourra rien faire. Soyons sérieux, si on parlait de patates, ça serait exactement le même principe : l’État pourra fournir une patate de qualité, bio, équitable, avec des services qu’aucun trafiquant de patate ne pourra ne serais-ce qu’espérer égaler, et ce, pour un prix forcément moins cher. Autant dire que les malheureux devront chercher un nouveau moyen de financer le terrorisme international (qui se finance beaucoup sur le prix du gramme de patate, vois-tu). Un prix moins cher, j’ajoute, mais rien n’interdit au gouvernement de coller sur la patate les même taxes que sur l’alcool ou le tabac ; selon le rapport aisément consultable du député Vaillant, il y a chaque année trois milliards d’euros d’impôt en TVA dont l’État ne profite pas, vu que ça part littéralement en fumée. Si on annule (ou qu’on réduit considérablement) les dépenses liés à la poursuite (inutile, rappelons-le) des consommateurs de cannabis, c’est un bon cinq milliards d’euros qui devrait tomber directement dans l’escarcelle gouvernementale, et franchement, je ne parle même pas des éventuels bénéfices à l’exportation ^^.

En conclusion, la légalisation (et même la création d’une filière nationale) est une manne financière, le moyen efficace de détruire le trafic lié à l’herbe et de résoudre les trois quart des problèmes (coûteux pour l’assurance sociale) de santé lié à la consommation d’un produit de très mauvaise qualité (qui finance le terrorisme). La légalisation, dont la dépénalisation n’est que le premier pas, est donc à terme inéluctable. Une fois que les « Français seront prêt« . Il serait temps que les gouvernements finissent par faire leur la devise d’Havelock Vétérini : « puis qu’il y a crime autant qu’il soit organisé – et qu’il paye ses impôts« . Et figurez-vous qu’Ankh-Morpokh marche très bien.

En vous souhaitant une saine réflechion, Amadev (FR).

(1) : tant il est vrai que c’est plaisir d’avorter pour les femmes, j’en suis convaincu. C’est d’ailleurs quelque chose d’abject de dire ça quand en Afrique et en Turquie, les femmes se battent chaque jour pour ce droit élèmentaire.

(2) : Sacré Bourdieu, avec ses mots de quinze pieds, quel boute-en-train.

(3) : ces fameux chiffres sont la « moyenne d’élucidation », c’est-à-dire le nombre d’affaires résolues par le détachement de la maison poulaga concerné. Seulement, on compte de la même façon la résolution d’une affaire de meurtre barbare à la hache sans témoins ni preuve au bout de trois ans d’enquête, et la verbalisation d’un jeune chevelu de retour de soirée avec le dit demi-gramme de shit dans sa poche. Pour nos amis les flics, c’est donc un moyen simple, élégant, consensuel et surtout franchement pas fatiguant de faire monter sa moyenne d’élucidation, ce qui fait plaisir à tout le monde, vu que promo, médailles et salaires y sont directement liés. Pour découvrir l’aboutissement logique et inéluctable de pareille politique du chiffre, je conseille instamment de visionner la fameuse série The Wire (VF : Sur écoute) d’HBO, qui est un véritable cas d’école.

Das Sturmgeschütz der Demokratie

Si la France est remarquable pour une seule chose, c’est l’espèce de climat global de mépris qui existe envers la profession des « journalistes ». Enfin, y a encore que chez nous qu’un président encore en exercice se livre pendant cinq ans à une chasse aux sorcières digne du Salem des grandes heures. Haters gonna vote right.

Abjure ta foi hérétique ! Tu es une officine ! Avoue ! Charogne ! Vendu !

Je dis bien des « journalistes » parce que le Hater ne fait aucune différence : pigiste, journalisme d’opinion, fact-cheking, télévision, radio, ranafout’, « tout ça c’est magouille et compagnie ». En général, ce genre de commentaires de café du commerce est l’apanage de demeurés cuit au ricard, donc ça n’est pas très important ; mais c’est d’autant plus triste que leurs seules pensées sont quand même inspiré par RTL/TF1, dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont la synthèse la plus globale des travers de cette noble profession qu’est un journaliste. Enfin, noble. En France, voyez-vous, les journalistes sont, au choix ou bien tout d’un coup, lêche-bottes, suffisants, orgeuilleux, putassiers, trompeurs, magouilleurs, vendus, infidèles, ralliés, pas ralliés, menteurs, insuffisants, à-gôche, à-droite, etc. Le pouvoir leur reproche globalement de ne pas lui servir la soupe, les lecteurs de mal rendre la dite soupe, et le non-lecteur de lui dire ce qu’il ne veut pas entendre/de lui dire que son candidat lui bourre le mou, et le siencespiste de dire des trucs imprécis. Typiquement : « HAN il a dit l’UE !! Alors qu’en fait c’est le Conseil DE L’EUROPE ! ‘chier, c’est tous des pouacres au M*****.fr »). Ce cas est peut-être le plus ennuyeux, parce qu’il part systématiquement du principe que le journaliste lui parle à lui, qui a fait trois ans d’études en sciences européennes, et qui dont fait la différence entre les quatre (ou six, c’est selon le jour) conseils européens. Or c’est toute l’affaire, le journaliste ne parle, enfin, n’écrit pas qu’au sciencespiste, il écrit aussi à mâme Michu, qui trouve déjà intellectuel de regarder la couverture du Monde. Alors pensez bien, mâme Michu, faire la différence entre les attributions des divers institutions européennes… (1). Ah, l’Europe. Je mourirais pour toi. Même que partie comme t’es tu risque de nous tuer avant, quoi.

Les shadoks. Expliquent la politique depuis 69.

Le Conseil Européen s’est très bien passé cette semaine

Bref, ce petit interlude passé (voire, très passé), retournons à nos moutons à plume. On en revient toujours au même point : quoi que fasse le journaliste, il a tort, parce qu’il ne pense pas (forcément) comme moi et que moi, après tout, je sais mieux, moi, vu que bon, par exemple, j’ai lu dans le Figaro qu’il avait tort – dans le Figaro, dis-je parce que jusqu’à présent je n’ai jamais eu d’amis de gôche ou socialiste qui venaient m’expliquer que mon (potentiel) futur métier c’était de la pure merde. Vu que bon, le journalisme, c’est un peu des vendus, sauf s’ils disent du bien de Nico, et pis aussi voilà : regarde cette infographie u-m-p.org qui dit que j’ai razon-é-ta-tort (2).

Ah, euh, le Figaro payé par Dassault, ça pose pas problème mais Médiapart indépendante, oui ? Ah. Bon. Si tu le dis, alors.

Ouais. Alors bon. Voilà. Pourquoi il en faut. des journalistes : parce que sinon, on en vient à croire qu’une infographie sortie du site d’un parti politique est objective !!!  Quel est le foc quoi ! Je veux dire, mon Dlul, même les membres du Parti savent qu’il ne faut pas les utiliser comme argument, mais pour y trouver les élèments de langage. Sérieux. Putain, ne serais-ce pour que la politique ne soit pas réservé à Gazouiller et Trombinoscope, faut des gratteux. Regarde un peu le Petit Journal. Ouais, le Petit Journal. Le Monde, c’est tellement à gauuuuuuche, et pis les mots compliqués tout ça. Pa’ce que la politique, c’est comme la philo, ou la sociologie, ou l’histoire, bouh, là là, il y a des mots compliqués, et des concepts duuuuuur, et puis bon, c’est vrai que quand tu additionne 1789 + Robespierre – que la France, elle répond toujours de son nom – ça donne pas forcément = vilain méchant pas beau, c’est tout compliqué. Alors comme 99% des connards depuis que le monde est monde, quand tu comprend pas (3), ça te fout la trouille, alors tu cherche pas, tu fous le feu. Crâne ras, idées courtes.  C’est pas ta faute, en fait, c’est la mienne. J’ai pas réussi. J’veux dire, naturellement, t’es même pas con, si ça se trouve. Si tu vote à droite, c’est pas forcément parce que tu éprouve un besoin suicidaire de voter contre ton intérêt, mais aussi celui de 95% des Français, et au-delà, vers l’infini. Non, c’est juste que t’as pas compris. La mission du journaliste c’est d’être là, et de te dire pourquoi, là, là et là aussi, on t’as un peu pris pour un con. La mission du journaliste, c’est de dire : « le vote des étrangers » ? Mais c’est quoi cette connerie ma brave mâme Françoise-Odile (c’est mâme Michu CSP+) ? Vous savez qu’en Belgique, ça existe depuis quatre ans ? Que c’est européen ma bonne dame ? Vous savez qu’en plus vous répétez les arguments dépourvus de sens du Front National ? Ben quoi, faut bien que quelqu’un le dise, sinon qui ?

Qui ???!

Voilà, c’est ça, être Journaliste. Tu explique. Sans cesse. Et si tu as l’air d’être de gauche, est-ce que c’est de ta faute si la droite accumule les conneries pour se faire réelire, scheiße ?! C’est vrai qu’ils sont pas du bon coté, les pauvres. Ils auraient pu être énarques eux aussi, et prendre eux même les décisions, mais bon, ils ont décidé de gagner leur vie en défendant la démocratie, et ça, on va le leur faire payer. Tout le temps. Parce qu’ils sont en porte-à-faux, le cul entre deux chaises, ils vont en prendre. Jusqu’à ce qu’ils renient leurs idées, deviennent des éditorialistes payés par une chaîne d’info en continu, deux grandes banques et un avionneur dépendant de l’état pour la survie de son entreprise (qui exporte si bien ses avions de chasse trop puissants de la mort qui tue). Mais de toute façon, les journalistes cay tro des méchéans. Ils sont hyper corpos et ils se défendent que tu les tabasse. Les sagouins.

Journalistes de France 3 Région après une blague de Mélenchon

Je dis « en défendant la démocratie« . Et je le redis d’ailleurs. Platon s’est gouré : le philosophe-roi c’est pas le philosophe, c’est le journaliste de presse écrite qui, pour une carte de presse, des avantages catégoriels (oui, il y en a. La réduction d’impôt est alléchante, et je ne parle pas des prix sur les transports. L’ennui, c’est que si tu fais trop bien ton job, tu vas être sorti les fumes au grand vent à six heures du mat’ un samedi matin par les flics. Ou on va écouter ton portable. Ou te piquer ton ordi portable. J’veux pas qu’on me pique mon ordi ><« ) et autant de crachats qu’il peut prendre dans la gueule dès que son papier plait pas à quelqu’un va défendre chaque jour héroiquement la liberté dans notre biau pays. De fait, il n’y a pas de démocratie possible sans journalisme.

Attention, c’est subtil. Regarde ; plus c’est sombre, plus c’est vilain pas beau. Un indice : la Chine est libérale, non elle n’est pas démocrate, non, non.

Tu crois que je fais monter la mousse pour me donner l’impression que j’ai raison de vouloir faire ce que je veux faire plus tard dans le temps ? (soit devenir un fouille-merde et être payé trois fois moins que les personnes que j’interview mais deux fois plus que celles qui me lisent – et c’est ça qui compte :p). Pourtant, la démonstration, elle izi tout understand (ah, tu flippe, hein, tu sais que quand je dis ça, t’en a pour une page de conneries en sus, hein !). Déjà, regarde, petit lecteur, petite lectrice. Depuis le début de nos démocraties modernes, historiquement, le grand combat, ça a systématiquement été celui de pouvoir voter. Hors, que faut-il pour voter ? Être informé, majeur, et avoir au minimum une vague idée de ce qu’on insère dans l’urne. Hors, l’on suppose que pour être informé, il faut bien avoir une information, ce qui est différent d’un #gazoulli sur Gazouiller, puisque la différence entre les deux, c’est dans la première il y a une source (vérifiable) et une explication (éventuellement critiquable), avec une signature, qui si tu es un minimum malin, toi y en savoir qui sont les gens qui la payent et ce qu’il font donc en penser, alors que dans l’autre il y a un dièse # et un re-gazou qui peut venir de @pedobeardelumpe.org. D’ailleurs, à chaque fois qu’on a fait une révolution en France, on a clairement expliqué avec des mots simples pourquoi c’était bien la liberté de la presse.

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Dit la DDHC de 89, dont on peut penser qu’elle est un peu la base de la démocratie, l’un dans l’autre en y réfléchissant bien. (la DUDH de 48 a été rédigée par des anglais, c’est bourré d’échappatoires et de détournements de fond possible, et le dernier article explique que tout ce qui est dit avant, ça sert à rien en fait. #ahledroitinternational).

Prenons l’exemple de l’Allemagne. C’est bien l’Allemagne. Non ? Bah, si, hein. Curieusement, jamais, aucun, personne, dans mes amis de droite adorateur de la merveilleuse Deutschlandie ne semble constater que là-bas, par exemple, il y a quatre fois plus de journaux qu’en France, ce qui est pas mal pour un pays où les grands journaux d’opinions tirent à plus d’un million d’exemplaires. Der Spiegel dont je parlais dernièrement, lui, tire à près d’un million cinq. En Allemand soit dit en passant – ça fait la brève AFP en 12 pages. A coté de ça, l’Express – je ne le prend pas par plaisir, mais parce qu’il est le plus ancien des quotidiens français- fait un peu moins de deux cent, trois cent mille, et encore les bons jours. Détail kikinou : le Der Spiegel, oui, celui qui tire à un million cinq, a été fondé en 1947, et sa devise « officieuse », c’est « Das Sturmgeschütz der Demokratie », ce qui signifie : « le canon automoteur [litt : le canon-chenilles] de la démocratie » (4). On aurait aussi pu dire, « plus jamais ça ». Eh bien curieusement, la démocratie allemande est l’une des plus irréprochables qui soit.

ACHTUNG ! SKOOOP ! FEUER FREI !! (le Spiegel en action sur le front grec)

Comme quoi, on déconne, mais sans vouloir faire ma fouine, doit y avoir un rapport. Par exemple, bon, l’un dans l’autre, le Squatteur local de la présidence de la République, un certain Joachim Gluck, it’s seems, a été vite fait accusé d’avoir fait un tout petit peu de népotisme entre amis par un ou deux journaux. Que se passa-t-il ? …. Eh bien, il démissionna vite fait. C’est curieux, parce qu’en France, l’un dans l’autre, un autre Président de la République fut lui aussi accusé -preuves à l’appui- de nombreux faits divers de corruption qu’il serait bien entendu vain de lister ici. Le Président battit-il sa coulpe, démissionna-t-il, comme dans un pays civilisé ? Que dalle. Il accusa le journal d’être une « officine ». Certes. C’est tellement chiant la démocratie, c’est tellement atroce, j’vous comprend les gars. Faut faire comme dans tous ces riants pays où on sait comment on les traite les journalistes, oh oui. Une balle calibre .12 dans la tête, et c’est fini les édito pas complaisants ! Y a des pays comme ça. C’est des démocraties, si l’on veut. Mais, j’en dit pas plus, j’ai pas envie que mon café se mette à irradier plus que la centrale de Gravelines.

Okay ?

Alors, ma foi, oui, qui attaque les journalistes parce qu’ils sont des journalistes et qu’ils font leur boulot, non, il n’est pas [reductio ab troisième reichum] mais par contre, oui, il y a un sacré problème. Parce que ouais, c’est vrai, les violonneux, les ingénieux et les tradeux sont « des élites », si on veut. Disons qu’effectivement, ils ne seront pas tués si une dictature fasciste arrive. Pas comme les journalistes qui y passeront direct. Ça doit être ça de pas être « élite ». Ou alors on a pas la même conception. Surtout quand les membres d’un parti techniquement modéré et majoritaire se mettent à tabasser tranquillement les journalistes (et les femmes accesoiremement, ce qui rend le crime deux fois plus crapuleux) sur l’incitation du petit mafieux à la tête du gang. Incitation à la haine professionnelle, ça existe, ça monsieur ? Cela étant, le fait qu’on ai pas le droit de dire « Les journalistes cay trop des pourris, y sont méchants de la bouche, pendons-les à la lanterne avec leurs visères comme les chiens infidèles qu’ils sont » – qu’on ai pas le droit sans subir un poste d’une plombe qui t’enfonce, raclure ! – ne veut pas dire qu’on ai point le droit de critiquer le travail des journalistes. Ça c’est normal. T’as le droit de dire que le Club des Raseurs est une belle bande de clampins. C’est même plutôt vrai, la preuve, c’est moi qui le dit. Le problème, t’vois, c’est quand le journaliste est acheté. C’est pas sa faute le pauvre. Il est comme toi, comme moi, il a besoin de manger, voire de nourrir sa famille, c’est navrant, c’est honteux mais c’est comme ça. Alors, bon, ben, normalement, il est censé vivre de la vente de son journal. On dit alors qu’il est indépendant. Ou alors il vend son journal et parfois, c’est mauvais signe. En France, tuer les journalistes qui font chier, c’est mal vu dans les dîners en ville. Alors qu’il suffit de leur couper les vivres.

La grande presse nationale, celle qui s’occupe de Politique et de trucs chiants comme ça, c’est comme, ça elle se vend mal. C’est pas de la faute du journaliste, si ton journal te sert la soupe, qu’il est vendu et tout. C’est ta faute ! Tu veux un presse belle, libre et indépendante comme en Allemagne ou en Angleterre, en Norvège, ou en Suède ? Marre de lire la Pravda en mal écrit dès que tu ouvre le JDD ? Toi aussi tu veux l’Afftonbladlet ? Pas de secret, achète ton journal. C’est pas cher, c’est chic, ça fait un paquet de clope par semaine, et le petit plus : tu peux emballer du spliff (ou du poisson, c’est selon ta CSP) après. Le plus lu, le Parisien, tire à 400 000 ex. Et il appartient au groupe Amaury, qui, non, n’est pas un ami de l’Ex. Du tout. D’ailleurs, devine à qui appartient le Fouquet’s. Après, il y a le Figaro (330 000 ex.), qui appartient à Dassault, Serge. Pas besoin de revenir sur le sujet du sénateur UMP qui vend ses avions à un état UMP et soutient la majorité de lui avec son journal de lui ? Ensuite, il y a le Monde (320 000). Le Monde a résisté longtemps, mais finalement, après une grosse réduction de ses publicités – lesquelles venaient du groupe de publicité dirigé par Frères, un belge riche, pote de NS. – il a été obligé de se vendre lui aussi, à Bergé-Pigasse-Dreyfus (lequel est aussi directeur honorifique du CA de Sciences Po Lille, d’ailleurs. On a une belle double page infographique par an dans le Monde chaque année maintenant, ça claque.). Après, contre-exemple : Ouest-France, détenu par lui-même, merci, et il se porte très bien, puisque lui, il bat Der Zeit, avec 800 000 ex. (c’est le journal le plus lu de France). Dommage qu’il fasse ses unes sur la foire au cochon de Castelnaudary quoi.

Bref, c’était le conseil d’ami de Tonton Amadev (QC) : quand tu ouvre un journal, demande-toi toujours qui le phynance !

(1) : Pour ceux qui ont eu la chance de ne pas suivre des « cours d’UE« , soyez heureux, vous pouvez encore croire en l’Europe. Moi j’ai perdu espoir : rendre l’Europe inefficace par tous les moyens possibles et imaginable, et favoriser la reproduction de technocrates qui se gargarisent de chartes, de règlements et de cours de justice . Non, sérieusement : il faut un esprit pervers au plan moral pour ne serais-ce que concevoir l’apparence extérieur des relations de pouvoir théoriques. Ça ne peut pas avoir été inventé au hasard. Personne ne peut imaginer une réunion où il faut traduire chaque document en vingt-sept putains de langages, y compris le letton ! Bordel, trois, c’est déjà assez !

(2) : Point lol culturel : la Razon est un journal espagnol dit « ultra-conversateur crétin – euh, chrétien ». Son fun à lui c’est de faire des portraits géants de leader syndicaux étudiants (non floutés et mineurs) avec nom, prénom, adresse et lieu de travail éventuelle. #nostalgie # dénoncelegauchiste #francoaimeça.

(3) : et comment pourrais-tu ? La science politique, si tu regarde bien, ya science dedans. C’est un peu la sciences de la vie humaine – la science qui permet la vie humaine, en fait. Vu que si y avait pas de politique, chez nous, ça serait l’insociable sociabilité état de nature que même Hobbes il avait pas vu comme ça serait la guerre qui fait des morts. Et si tu as pas compris les références, ça prouve que tu as besoin d’un journaliste entre toi et le monsieur qui va te piquer tes impôts.

(4) : Authentique 🙂 Et die Welt c’est probablement « Das Graf Zeppelin der Freihreit« .

Ach, das ist Politik, meinherr Hollande !

Alors qu’en France, la terreur règne parmi le peuple de gauche, qui, le souffle court, attend de savoir s’il n’a fait que remplacer un gouvernement par un autre objectivement presque aussi exécrable, dans les chancelleries du Monde, on aiguise les zweihanders en attendant Monsieur Hollande.

Kill them aaaall !!

C’est que bon, voyez, ces petits gougnafiers de Franszoziches se sont bien marrés pendant trois mois, mais bon za suffit l’Octoberfest, fa valloir revenir aux prinzipes de realekonomik, ja ? Non, zérieux. Et, soyons bien clair, la Bundeskazlerin (connue sous le nom de la « Deutsche Qualität ») Merkel est bien décidée à faire entendre à ces petits rigolos du Frankreich (le Pays des Francs) que c’est maman qui décide. Déjà, c’est elle qui a l’argent, en plus, c’est quand même pas un pays avec un déficit pareil qui va venir nous faire la morale, ja ? et puis surtout, bon, objectivement, c’est quand même évident que c’est le Deutschland qui fait forcément le mieux pour l’Union Européenne, tant il est vrai que, voyez-vous, dans les gênes Allemands, il existe un anticorps qui les empêche d’agir de manière égoïste, partisane ou juste pour se faire ré-élire, alles weiße das, comme disent les Dothrakis. Alors pour que Hollande fasse autre chose que de les emmerder, hein, groß lol.

Voilà en substance et résumé, ce que nous apprenaient l’opinion de droite, laquelle est fort laudative envers l’économie allemande, oubliant, mais c’est sans doute par erreur, systèmatiquement les petits détails qui posent problème. Ce faisant, on constate rapidement qu’ils traînent une masse incroyable de préjugés ou d’idées toutes faites, qui sont complètement fausses. Alors certes, il y a le phénomène classique connu sous le nom de « l’herbe ist mass grüne à dans le champs d’à coté » (transformé depuis en l’abomination démente du nom de Benchmarking, qui consiste à prendre des pays dont la situation est totalement différente et à comparer des réalités qui n’entretiennent que de vagues rapports pour faire prendre conscience à la population d’un pays qu’ils sont à la traîne, et qu’il faut, en général, d’urgence libéraliser tout ce bourzouf), mais il y a aussi la production d’un puissant champ répulsif de contre-vérité, qui est aussi dangereux pour les neurones que le Mur pour les Autres. Genre le fait que le coût du travail est plus faible en Allemagne qu’en France (ce qui est faux), qu’ils travaillent plus que nous (moins, en réalité), ou encore qu’ils sont plus productifs. D’ailleurs, et tant qu’on y est, croire que l’ouvrier « chinois » (terme générique désignant l’ouvrier en général d’un pays qui base son développement sur l’exploitation de la masse laborieuse par les industries étrangères) est plus productif que l’employé européen ou américain frise rien de moins que la débilité mentale – vu qu’il y a un rapport de 1 à 8 minimum (l’un produit une unité dans le temps où les autres en produisent huit). De même qu’un employé en CDD produit sur le long terme largement moins qu’un employé affecté à la même tâche au moyen d’un CDI, mais qui passe moins de temps à se demander s’il ne va pas se faire jeter comme un vieux phoque sur une grève des îles de la Madelaine. Vous me direz, mais si c’était si évident, même un chroniqueur économique d’Antenne Deux, fut-il stipendié par une grande banque française anciennement de Paris et des Pays-Bas, et accesoirement vice-directeur d’une chaîne d’info en continu qui n’a pas emprunté à la Fox que son habillage, serait au courant, et ne ricanerait pas bêtement quand son vis-à-vis lui explique qu’objectivement, supprimer le CDI, c’est complètement con. J’veux dire, un homme qui est visiblement aussi exempt de tout, je cite, « filtre idéologique » qu’un article de l’Economist (1), ne pourrait manquer de remarquer une évidence aussi évidente si elle était avéré. Parce que si c’est la faute des pauvres et des immigrés, c’est bien qu’il y a une raison, non ?

Et de préférence ceux qui n’ont pas le droit de vote

Mais non, mes bons, mais non, ils sont tous parfaitement au courant.  Simplement, ils en ont rien à glander. Objectivement, ça se défend : le but de l’économie libérale, a fortiori, si elle est ultra, s’est de faire du profit. Hier si possible, maintenant, sinon. Demain, éventuellement. Mais alors, là, après demain, ils en ont rien à foutre, vu qu’ils vont balancer le bâton merdeux à ceux qui viendront ensuite, en vertu de la doctrine « chacun pour soi et personne pour tous« . En même temps, c’est logique : quand ton but est d’avoir un rendement de 18% en trois ans avec une entreprise, tu es obligé de te comporter comme un vautour, c’est comme ça. Et en politique, en général, c’est un peu pareil. Pourquoi l’Allemagne, mes bons, se lance ainsi dans une telle volonté rigoriste chez ses petits camarades ?

Curieusement, ceci est la réponse…

It’s izi tout understand, suivez la démonstration. L’Allemagne prospère relativement bien dans un monde ultra-libéral (en appliquant les règles qui l’arrange et en envoyant se faire voire celles qui la désavantagerait, chose intelligente). En gros, pendant que c’est la crise chez les voisins, elle est en plein boom économique (ou pas en crise, et ces temps-ci en Europe, ça vaut pareil). Donc, elle peut appliquer de la rigueur, dégraisser le mammouth et profiter des dividendes du profit, vu que c’est la position économique la plus logique quand un pays se porte bien. Et bien sûr, elle entend bien garder au niveau de l’€uro les avantages structurels qui lui bénéficient le plus. Pour cela, elle explique à ses petits camarades qu’en fait voilà, c’est eux qui sont des bousins, et qu’elle ne va pas payer des miyards pour le bonheur de ces « fainéants de grecs » qui font rien qu’à payer les pauvres… mais curieusement, à la rédaction Der Spiegel (le Miroir, sorte de The Economist mais en allemand), on oublie toujours de rajouter « et à ne pas taxer les riches« . Parmi lesquels riches, nous trouvons notamment l’Église Orthodoxe de Grèce (exarchat d’Athènes), qui dispose d’une fortune (foncière, meubles et en actions) qui sans valoir les picaillons du Vatican -qui en a beaucoup beaucoup, vu qu’il est un état souverain et qu’il se paye des impôt à lui-même)-, est quand même la première de Grèce. Et l’État, lequel est moins fortuné, lui donne encore de l’argent (280 millions d’Eugros l’année dernière) ! Ouate the FOUQUE.

A’vot’bon coeur, msieu’dame,

Évidemment, un euro très fort, ça ne fait pas plez à l’économie de la Grèce (mais surtout de ces petits camarades, genre la France, vu que bon, l’exportation du Sirtaki et de la Moussaka à l’internationale a fini par atteindre son taux de staturation maximal il y a dix ans). Un euros fort, oui mais pourquoi ? C’est simple : l’Allemagne (enfin, une partie de.) y a ‘personnellement’ intérêt. Rappelons-le : le Deutschland est un pays qui est en train de mourir de ses vieux ; littéralement. La courbe démographique allemande est une véritable catastrophe (pour eux) et si la tendance se confirme, d’ici 2025, on va finir par la gagner, la Seconde Guerre Mondiale, vu qu’il n’y aura plus grand monde en face (Non, la courbe n’a pas l’air si grave, comme ça, mais en fait, l’unique solde positif est constitué par l’immigration, sachant que l’Allemagne applique uniquement le droit du sang – et un taux de naturalisation qui ferait pleurer de joie feu notre Ministre de l’Intérieur.) C’est ça, d’être protestant et pas catholique apostolique romain…

Or, qu’est-ce qui intéresse un vieux ? L’avenir ? Que dalle, il n’en a pas, ou plus beaucoup. Non, ce qui l’intéresse, c’est le montant de sa pension de retraite. Bon. Et qu’est-ce qui se passe quand l’euro baisse ? Sa pension de retraite, qui est par capitalisation (et non par redistribution comme dans les pays civilisés comme en France) se casse fort logiquement un peu la gueule. T’inquiète que le vieux Teuton l’a bien compris, même noyé dans son tankard de Beck’s. Mâme Merkel vient du CDU (Christlich Demokratische Union), qui comme son nom ne l’indique pas n’est pas une aimable démocratie chrétienne à la Bayrou (ou comme l’allié CSU bavarois), mais un parti de gros sauvages protestants conservateurs à la Harper qui font peur dans le dos. Logiquement, l’électorat principal de Mâme Merkel, c’est les vieux. De ce fait, elle ne peut décevoir les vieux si elle veut être (ré) élue, et pour ça, faut protéger leurs retraites tellement fort qu’à coté Festung Europa c’était une passoire. Évidemment, en se faisant, l’Union Européenne risque fort de voler en éclat, et ça, c’est pas bon du tout pour l’Allemagne (2), mais, ça, c’est pas grave : d’ici là, Mâme Merkel aura quitté la politische. Un pacte de croissance, qui toucherait probablement pour se faire à l’indépendance (s’te blague) de la politique de la Banque Centrale Européenne, ça ne fait donc techniquement pas ses affaires (vu qu’on sait jamais, l’euro pourrait faire un peu plouf). Donc, euh, dire qu’elle fait tout ça pour le bien de l’Europe, c’est bien une réflexion de droitiste, ça.

« Actionnons la Pompe à Phynance pour rembourser les banques qui préterons aux états ensuite ». Même répété dix fois, ça semble toujours aussi bancal, mais bon…

Ce que « doit » (enfin, ce qu’il me semble qu’il devrait) faire Hollande, là, c’est profiter que la Mâme Merkel est un peu coincée par sa propre gauche – et qu’elle a des ministres compétents, genre Guido, pour faire pression sur l’Allemagne avec l’aide, de, mettons, quelque populace. Parce que c’est pas tout seul qu’il va au combat, l’ami Flamby : entre les Grecs, les Portugais, les Italiens (mais bon, en même temps, c’est vrai que pas payer ses impôts, c’est un sport national chez eux alors…), sachant que l’Angleterre est quantité négligeable dans le débat, et que la coalition de la rigueur se fracasse la margoulette aux Pays-Bas. Mâme Merkel elle-même commenze à avoir des problèmes politiques. La rigueur n’est donc à pas à proprement parler insurmontable. Encore faut-il avoir le courage politique de le dire clairement et de ne pas céder. De toute façon, la rigueur, l’austérité, tout ça, c’est suicidaire économiquement. L’Europe ne peut sortir de la crise que par la relance, laquelle passe fatalement par la dépense, tant il est vrai que faire redémarrer un moteur en espérant que l’essence se mette en marche toute seule est quand même un peu naïf.

Détail qui envoie du lol (voir du wut) : le gouvernement espagnol, dirigé par un conservateur bon teint, mânheirr Rajoy – et dire que Sarkozy critiquait le travail de son camarade… rho – a appliqué à la lettre, voire même à la schlague, les ordnung aus Berlin und FMI. Il fallait, lui disait-on, appliquer scrupuleusement ces ordres et tout irait bien. So. Nique tes déficits budgétaires structurels lui dit-on, et retrouve la confiance des investisseurs et de leur capitaux errants. Le gouvernement Rajoy, à peine au pouvoir, a taillé comme jamais avant on avait taillé dans les dépenses dans l’État espagnol : il a lancé une rigueur qui a jeté sur la Puerta del Sol de Madrid le fameux mouvement des Clodos euh Indignados (3), et, entre autre, s’est mis à vendre littéralement terrains (pour y construire des zones franches « hors-les-lois » où des milliardaires américains vont construire des espèces de parc de casinos géants où grosso modo tout sera plus ou moins perdu. Ça a l’air d’un cauchemar mais bon, la Grèce en est à louer ses policiers alors…) et autres diplômes d’université comme un élu libéral québécois son vote à une compagnie énergétique ayant des intérêts dans le gaz de schiste. Bref, Rajoy est en tout point le fidèle collaborateur élève de l’Allemagne. Le résultat a été immédiat : la croissance est passé de plus 0.7 du PIB à moins 1,8% (prévisions) pour 2012. BAM ! Les Marchés ont immédiatement, et c’est bien logique, sanctionné cette baisse (catastrophique) de la croissance attendue en faisant passer les taux (d’emprunt) à dix ans (4) de 3,5 à 6, là, où avant l’austérité, l’Espagne avait ses taux à 3,5 (chiffres gracieusement fournis par le FMI). C’est-à-dire que l’Espagne est sanctionnée pour avoir appliqué à la lettre la demande des marchés. Logique, vu que par leur nature bien comprise, la différence entre un spéculateur et un vautour, c’est que le spéculateur n’est pas une espèce en voie de disparition.

I’m a vulture and i find this comparaison offensive.

Geht sind Sie, Herr Amadef (wohn Kebec). 

(1) Les gens de droite sont de curieuses personnes. Certains par exemple ne voient pas d’inconvénient majeur à ce que le Figaro soit possédé par un avionneur, accessoirement sénateur de la majorité, dépendant fortement de l’État contrôlé par la majorité dont il est partie prenante, pour rentrer dans ses frais. D’autres nous expliquent tranquillement que le The Economist, édité par et pour Mayfair et City depuis 1843 – et puis anglais, donc perfide par définition ^^ – est totalement dépourvu de la moindre trace d’idéologie. Ben, voyons. A peu prêt autant que la Pravda des grandes heures. C’est pas, mon bon, parce que le libéralisme (qu’il soit néo, ultra, classique ou le tout nouveau « austéro-germanique ») a gagné provisoirement la guerre des idéologies en 91 qu’il faut pour autant oublier que c’est une idéologie tout pareil que le communisme. Et comme tel, qu’il ne propose qu’un accès déformé à la réalité vraie des choses.

(2) : pour vendre, faut bien que des gens achetent. En l’occurrence, pour la DDR, ceux qui achètent, c’est les voisins européens (aux deux tiers des exportations, qui tirent si bien l’Allemagne vers le haut). Détail, si les gens ne peuvent plus acheter, comment l’Allemagne pourrait-elle vendre ? :p

(3) Non, c’est pas contre eux, mais penser qu’on va changer le monde en chopant une bronchite plutôt quand balançant un pavé, ça me fait un peu rigoler de la bouche. C’est bien de s’indigner, mais faut agir aussi.

(4) Taux (d’emprunt) à dix ans : intérêts sur les emprunts espagnols. Plus les taux sont élevés, plus l’argent coûte cher à emprunter, logique. Dans le cas présent, plus l’Espagne coupe ses dépenses… plus ça lui coûte cher au final. (PS : La France emprunte à 3, l’Allemagne à 2).