A l’caban’à’suc’ !

Bon, alors soyons clair, messieurs dames mes lecteurs, et plus particulièrement trois d’entre vous. A la lecture de vos recherches google qui vous ont conduit en ce lieu de perdition, quelques réactions me viennent à l’esprit là tout de suite maintenant.

1) Pour les 78 personnes (!!) qui ont désespérément cherché les paroles de « Charest si tu savais » :

sachez quelles sont très simples et peuvent à profit être moultement réutilisées pour toute manifestation : « [Nom du Politique x 2] si tu savais [ta réforme/ta hausse des frais] où on s’la met ». Répétez jusqu’à extinction de voix ou découverte d’un slogan plus original.

2) Pour les six individus qui cherchaient « dress code métal », « dress code heavy metal », et « s’habiller en trahs métalleux » (sic) :

Noir et chevelu. Toutes variations sont envisageables et autorisées (et je vais personnellement souvent au hellfest en chemise (noire) et gilet, par’s que chui un rebelle tvois). Selon votre métal d’allégeance, vous pourrez bien entendu customiser votre apparence avec moult bijoux en argent du genre pentacle, marteau de thor et autres bracelets à pointes pour faire peur à mâme Durant dans la rue.

3) Concernant la question « où trouver drogues au Québec » :

J’en sais strictement rien, mais demande à la première personne que tu croisera en sortant d’une station de métro à Montréal, probable qu’elle devrait t’aider.

4) Concernant « Comment vivre nu au Québec sans complexe »…

euh Oo ». En enlevant ses vêtements je suppose ? Sinon, http://tintinauquebec.wordpress.com/ t’apprendra sans doute tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet.

5) « Où trouver de la Rolling Rock au Québec »

… dans « cette bière limonade éventée est immonde », quel mot t’as échappé ? Mais si c’est pour te venger d’un ennemi mortel (et je désapprouve, sache-le), tu en trouveras dans de nombreux pubs du niveau bar PMU. Et tu es répugnant, j’insiste.

6) Pour le germaniste qui cherchait la différence entre « Nicht oder Kein ».

Das ist kein Problem. Aber ist nicht gutt fur du Schullenexamen, ich weiße.

Alors heureux ? Passons maintenant au coeur du sujet de cet article, soit le printemps !

Enfin arrivé à Montréal yihou 🙂 En sortant de ma cave, mardi dernier, j’ai soudainement compris ce que ressent chaque année la Marmotte quand elle sort de sa grotte après avoir hiberné durant l’hiver. J’aime beaucoup les marmottes, après tout comme elles, je dort la moitié du temps, vit dans une cave, et je ne sort au soleil que pour me nourrir. ‘fin, j’éxagère un peu, mais passer de -9 à +15 en l’espace d’une nuit, ça fait comme un peu de bien ^^

Cela étant, en une semaine, on est arrivé à 22 au-dessus de zéros, ça vend juste du rêve… un peu comme cette tradition sympathique du Québec qui consiste à se rendre en masse dans des « cabanes à sucre ». Qu’est-ce qu’une cabane à sucre ? Et bien, petit lecteur impatient, ce doux mot désigne une exploitation agricole et commerciale se spécialisant principalement dans l’acériculture, c’est-à-dire, les érables qui produisent le fameux sirop qu’on met sur les pancakes (et sur tout le reste aussi). Avec le castor, l’orignal, le caribou et la grève à l’UQAM, c’est LE cliché de base sur le Québec que tout individu normalement constitué dans le Monde connaît. Pour moi, il était hors de question de rater pareille occasion d’en faire une note de blog, et c’est donc en mode « reporter infiltré » que votre honorable correspondant du Québec s’est fait un devoir de se bourrer jusqu’à la gueule de sirop d’érable fait maison pour un prix parfaitement négligeable (15€ pour nourriture à volonté :p) et même que je pensais très fort à vous, tiens. Et dans un environnement cent pour cent québécois, parce que je ne suis pas un de ces mauvais qui vont dans des cabanes à suc’ pour étudiants internationaux et touriss’, tabarnak !

Vue d'une plantation d'érable à suc'

Le concept de la cabane à suc est très simple : il s’agit de manger traditionnel à volonté, de boire moult lait (si, si), et de faire la fête subséquemment. Attention, IT’S A TRAP !! Tout tient dans l’idée de « traditionnel à volonté », parce que c’est super vicieux. La nourriture traditionnelle qui est présentée en cabane est essentiellement composé, selon les propres termes d’un ami gaspésien, « de gras et de suc », avec de la viande entre les deux. On ouvre les hostilités par une soupe aux pois, suivie immédiatement par des tonnes de saucisses à barbecue cuites dans le sirop d’érable (et sur lesquelles tu dois rajouter du sirop) et des oreilles de criss‘, sortes de biscuits gras (et salés).

Donc, du gras, cuit dans du sucre. Et c'est trop bon, en plus ^^

Une fois que tu as remplis et succesivement vidé deux fois ton assiette à coup de saucisses à l’érable, voilà qu’on annonce les plats principaux : grosses tranches de lards et de jambon épais (fumés au bois d’érables et cuites dans le sirop évidemment), patates pis des bines, c’est à dire des beans (des Zaricot quoi) dont l’on va dire que c’est la caution santé, jusqu’au moment où on y renverse une demi-flasque de sirop dessus. #Chétropbon. Bon, j’avais pas mangé de jambon depuis décembre, j’ai un peu attaqué à la barbare (mais comme tout le monde, la cabane à suc’ est ainsi faite qu’on dirait qu’une armée franque vient d’y mettre le campement), et le résultat ne s’est pas fait attendre : à la huitième tranche de lard, m’a gagné quatre kilos.

"Vas-y don', prend encore du lard !"

Si tu crois que tu as fini, tu te trompe, jeune jedi ! Sitôt l’assiette prestement séchée (après trois quatre refills), voilà-t-y pas que débarque l’arme fatale numéro 3, l’affreux combo Tarte au Suc‘ (qui comme son nom l’indique est exclusivement constituée de gras, de sucre et d’un peu de cannelle) et la vicieuse crêpe, c’est-à-dire du suc’ frit dans du gras (pour changer). Il ne s’est qu’à peine écoulée une petite et modeste demi-heure/trois quart d’heure depuis le début du repas, tu sent, si tu est normalement constitué, comme une vague mais remarquable fatigue stomacale, mais, hélas, une fois de plus, la sournoiserie gustative des plats est terrible ; tout ce gras et ce sucre, on pourrait croire que c’est écoeurant, mais… non. Et hop, tu baffre une nouvelle fois. Et t’oublie pas de rajouter du sirop, non, mais, môdit français ! *Votre cholestérol se frotte les mains*

OH MIAM

Et c’est là, quand tu en est à boire ton troisième café, avec toute la dignité d’une énorme larve repue sur ta chaise, que les petits gougnafiers passent à l’étape deux de leur plan démoniaque pour te ruiner totalement la santé : ils se mettent à danser.

Là-dessus. (et pis sur plein d’autres trucs électro aussi, évidemment)

ARGGGGGG.

Les s******* !

Imaginez que vous venez de triompher d’une journée de repas de fin d’année français, et que vous deviez danser la danse des canards, immortel monument de la musique ? C’est violent aussi.

Si tu survis aux deux heures suivantes, heureusement, tu as gagné tes galons et pour peux que tu parvienne à ne perdre d’une ou deux vertèbres seulement en t’effondrant comme une vulgaire larve durant le limbo stick danse, tu auras alors droit à la récompense suprême, la tire d’érable 🙂

Tire de sirop d'érable...

Victory !

Publicités

Règlement de comptes à Hockey Corral

Vous me pardonnerez, petits lecteurs à l’esprit vain, la profonde vacuité de ce titre, mais il faut bien que je me mette au niveau de ceux d’entre vous qui n’ont pas eu de formation académique digne de ce nom, en venant de l’iep de paris par exemple après tout Kim Jong-Il n’est-il pas maire de Lille ? Partant de là, même les jeux de mots de François Pérusse (que je n’ai pas entendu une seule fois depuis que je suis au Québec, comme c’est étrange) sont acceptables.

L’information intéressante de la semaine n’est pas que je sois allé à Ottawa, parce vous commencez à connaître cette petite bourgade froide, humide et pleine d’anglophones buveurs de Rolling Rock (pas besoin d’ajouter frelatées, je soupçonne que ça en améliorerai le goût), ni non plus que du fait de la différence de 20 degrés entre Montréal, seul centre de vie civilisé du continent nord-américain (très éventuellement avec New-York mais bon) j’ai chopé une crève carabinée pendant rien moins que deux jours, ce qui m’a fait rater une AG – heureusement ils sont gentils, ils en font plein d’autres les semaines prochaines. Non, le truc vraiment important, c’est que j’ai vu un game de hockey, dude (1) !

Pas n’importe lequel bien entendu, puisqu’il s’agissait, au centre de sport universitaire de l’Université d’Ottawa (l’U d’O, aussi appelée « le truc où ils font semblant de donner des cours francophones mais où tu te rend compte qu’arrivé au master ou au doctorat, il n’en reste plus oh zut ») d’une rencontre inter-universitaire d’une relative importance (dernière de la saison, je ne sais quoi) entre, à ma droite les glorieux Patriotes de l’Université de Québec à Trois-Rivières (UQTR), frères de sang de ma propre fac, dont l’entrée sur la patinoire (le terrain de jeu ? sais pas) pourrait être décrite ainsi :

Et de l’autre, les outtawais, timides moumounes du « gris et grenat », les – j’ai peine à le dire -, les Gee-gee, qu’on dirait qu’ils ont sorti leur nom du dernier clip de Girls Génération (2). Non, mais sérieux, c’est déjà pas drôle d’être un canadien, tu t’expose à pas mal de railleries quand tu va en société, mais alors quand en plus tu es partisan d’une équipe avec un nom pareil… bref, fidèles à leur pseudonyme, leur entrée à eux ressemblait grosso modo à ça :

A priori, le hockey sur glace est un sport plutôt compliqué, avec un certain nombre de régles, puisqu’il s’est, comme la plupart des sports d’équipes, raffiné (3) depuis l’époque où le but principal était essentiellement de défoncer le palais d’Epistémologix avec ta vessie de mouton pleine de graisse pour planter ladite vessie et dans les reliques de son crâne et dans la face de Communix, le gardien de l’oppidum, dans le but de 1) prouver ta vaillance 2) que tu es digne de serrer la paluche suante de Chuck Norris et de porter le slip en cuir de tigre de Joey di Maio, 3) pouvoir boire le sang de tes ennemis avec de l’hydromel dans un crâne en peau de romain tout en te tapant la fille du chef. Mais comme les règles sont compliqués, j’ai fais comme avec certains cours, je ne me suis pas donné la peine d’apprendre icelles, à quoi bon ? C’est beaucoup moins amusant de faire des blagues de merdes et des commentaires condescendants quand on sait de quoi on parle réellement.

Le hockey sur glace, c’est donc une patinoire, trois périodes de jeu d’approximativement 20 minutes, deux équipes de six joueurs, dont un gardien, qui se battent à coup de patins et de crosse de… hockey -bien vu là bas au fond !- qui changent par trois, cinq ou pour remplacer celui qui vient de mourir (4) toutes les cinq-sept minutes environ, pour mettre dans le but (adverse si possible) un palet très petit et très très dur qui va super super vite. L’essentiel du jeu consiste donc à voir des gros monsieurs en armure intégrale armés de protections absolument monstrueuses patiner  en long en large sur la glace, telles d’aimables jeunes donzelles rêvant au DSK charmant ou à la baisse des frais d’inscription, voire à un monde, assurément merveilleux, où Déclic! ne serait pas une outre pleine de vents (un coussin péteur, si vous préférez). C’est très mignon, ça ressemble à ça :

Mais moins les applaudissements, parce que, rappelez-vous, on est au Canada, et qu’une ambiance de stade canadien, c’est cinquante types à qui ont vient d’apprendre que la Queen est toute mourue, et six francophones qui gueulent comme des porcs à l’autre bout en utilisant des artifices qui rendraient le BIM légitimement fier des fils du Bivalve, puisse-t-il toujours être dans la bière. Donc nos joueurs se disputent le palet à petit coup de crosse taquins, comme Claude Guéant et Marine Le Pen le ferait d’un électeur du Front National, amicalement, c’est gentil, un peu long, tout le monde commence à se faire un brin chier, et puis, soudain, c’est ça :

Deux joueurs foncent à toute berzingue sur un troisième, le plaquent comme des brutes contre les panneaux qui protègent le public, et lui démontent la gueule à coup de crosse s’il bouge encore. Suite à quoi, les potes du mec viennent s’expliquer avec les deux autres, qui sont rejoints à leur tour par leurs gentils camarades, et ça se tatane la gueule tranquillou en se traitant de cuistre, fakhin et autre Jeune Pop. Pendant ce temps-là, s’il y a des caméras de télévisions, les arbitres au nombre de quatre, vont boire un thé et bouffer des scones : les fights, c’est le moment intéressant du match, en fait, là, ça fait donc monter l’audience, même les Canadiens lèvent la tête et arrêtent de se palucher sur la face des billets de 20$. Evidemment, pendant ce temps, les Québécois ont déjà escaladé les parois pour égorger à coups de dents les hockeyeurs ennemis. Non, ça arrive que la foule envahisse le terrain, a ce qu’il parait. Parfois aussi, sans qu’on sache trop pourquoi, deux joueurs décident que finalement, à coup de poing, c’est mieux, et donc ils se tabassent joyeusement sous les commentaires du speaker.

Comme ça. Et puis, bien entendu, de temps en temps, on marque un but, même si comme en général, 11 joueurs sur douze sont concentrés sur les deux mètres carrés de glace devant le gardien, c’est très difficile de savoir quand, comment, et pourquoi, sans caméra. Il faut savoir que le gardien est en général un peu plus grand et large que le (petit) but, et vêtu comme un troll (ceux qui frappent à la porte de la Citadelle, s’entend). A moins d’être le roi-sorcier d’Angmar, ou de disposer d’une belle quantité de vaseline, il doit falloir un coup de pot inoui pour placer un point, puisqu’en vérité tout ce que le gardien doit faire, c’est tomber à genoux devant le palet qui fonce à plus de 130 kilomètres/heures vers lui avec des intentions homicides et prier très fort un des innombrables saints qui hantent les étendues québécoises que la visière résiste. Notons, pour conclure, qu’ainsi qu’il était aisé de le prévoir, les Patriotes ont humiliés à domicile, dans le sang, la souffrance et malgré la perte dramatique d’un joueur (impacté par deux linguisto-traîtres), les Gee-gee par un joli cinq à trois dans la vue, sans même avoir besoin des tactiques spéciales prévues par les entraîneurs pour battre les Canadiens( pas ceux de Montréal, bien entendu), comme les mettre en fuite en leur tendant des pintes de bière à 3% au bout des bâtons. Néanmoins, il va de soi que mon premier devoir est d’honorer les grands Lions de Wasquehal qui sémeront terreur, confusion et cirhosse sur les terres du grand Nord une fois qu’il auront atteint le niveau NHL que même les Nordiques ils se seront pas fais si vite interdire… Ce qui ne saurait bien sûr tarder… nous on y croit.

Allez LILLE ! MOULE, FRITES ET BIÈRES !!!

En vous remerciant de m’avoir gentiment suivi pendant toute cette longue chronique fade, insipide et de mauvais goût, je vous serais éminemment reconnaissant de bien considérer, lecteur(trice) potentiel(le), ami(e)(s), sans oublier bien sûr, les membres de ma vaste parentèle, l’ensemble du présent article (voire du blog en son ensemble) comme une vaste fumisterie (sauf le passage sur les lions de wasquehal et Déliquescence!) ne nécessitant nullement l’envoi de missives sur le thème « tu n’est qu’une petite censuré censuré censuré de censuré sarkozyste », d’autant plus que je suis déjà amplement au courant 😉

Aussi tendrement qu’une Beavertail et qu’un Hot Apple Cinamon Cider sur le Byward Market d’Ottawa, Guten Abend, Kinder ! Amadev (QC).

1 : et pas dioude, hein, D.U.D.E., parce que je prononce comme un fils du Caribou et de la Halfang. Soit-dit en passant, un game de hockey sur glace, sans quoi ça a autant d’intérêt que de regarder le père sarko se gratter les c…ervicales tel le Gibbon d’Afrique Australe à l’heure du PSG-OM en déclarant « ouaich’ui candidat, m’âme Ferrari« . Si, si, tavu kouz1, tu parles trop la France ! N’empêche que les deux Normaliens agrégés de Lettres et de Philosophie et l’énarque qui l’ont précédé doivent un peu se retourner dans leurs diverses tombes.

2 : je… je ne veux pas en parler. Laissez moi tranquille !! 

3 : sauf éventuellement dans quelques coins reculés de Norvège, quand Varg passe par là.

4 : nous y reviendront.

Honnir.

On dit souvent aux jeunes étudiants étrangers qui arrivent tous frétillants comme de joyeux gardons dans un pays pas pareil que le leur d’avant qu’ils doivent faire trèèèès attention au Choc Culturel, cet espèce de retour de bâton qu’on nous illustre à grand renfort de croquis et de diagrammes dans les pays anglo-saxons, et qui consiste en gros -mais quasiment tous les autres blogs l’ayant subi à mot plus ou moins couvert – à sortir brutalement de la bulle kikinoue de « rhoo qu’il est meugnon ce pays » pour découvrir que finalement, non, en fait, c’est une belle grosse carne, et que finalement, à vrai dire, merde, Lille me manque.

Dans mon cas, ça a quand même pris quatre mois à venir, ce fameux Choc Culturel. Mais une fois arrivé, c’est bon, il s’est bien installé. Et là, franchement, je donnerais beaucoup, mais alors beaucoup, pour rentrer à l’IEP, parce que, bon, oui, c’est vrai qu’il est en ruine -à part dans les étages administratif- certes, il ne fait que deux bâtiments et quatre étages, et c’est bien vrai que de nos deux amphis le plus grand s’est malencontreusement effondré en AG (c’était l’bon temps), et certes, nos ordinateurs sont des antiquités plus blindées de virus qu’un membre du BDS n’a de MST à la fin du WEI, et, je ne le nie pas, vous avez raison, de nombreux membres du corps professoral ont « un peu » oublié leur vocation d’enseignant et se contente d’annôner des formules creuses à un amphi rapidement désert (mais comme ça il ne s’effondre pas).

Mais au moins, à l’IEP, on ne paye pas pour l’air qu’on respire. Payer. Payer. Payer. C’est devenu une vraie hantise. Je ne suis pas spécialement radin, j’estime avoir un rapport relativement détendu à la manne monétaire, mais le Canada est devenu en quelques semaines une espèce de bête noire pour ma carte bleue, qui fait un malaise systématique à chaque fois que je sort de chez moi. Pour faire simple, je suis tané de dépenser 75$ à chaque fois que je vais acheter deux morceau de viande premier prix au carrouf’ du coin. Je suis plus que tané de sans cesse devoir rajouter sur les prix indiqués ces fichus TAXES+GROSPOURLICHES – c’est si compliqué que ça de mettre les vrais prix, câliss’ ???!– à chaque fois que je me sustente autre part que dans un MacDo. Et par dessus tout j’en ai marre, mais alors, marre, de me faire e****er à s*c avec du gr***er par cette foutue COOP UQAM en collaboration avec mes maudits profs.

J’vous avais parlé il y a quelques temps des « recueils de textes » canadien, ces espèces de paquets mal ficelés de photocopies baveuses d’ouvrages, obligatoires pour les cours et qui coûtent une véritable fortune… attendez, 55$ le vieux paquet pourri de 300 feuilles ?? Nan, mais allo quoi ! à ce prix, autant acheter directement les bouquins, un essai d’Hannah Arendt, ça fait quoi, 8€ ? Et encore, version luxe –‘ Donc, bon, passé les trois premières arnaques à 279$ le tout, j’arrête les frais, et je décide de ne pas acheter les suivants.

Bien entendu, les examens terminaux portent dessus. Attendez, quand je dis dessus, ne vous imaginez pas, même pas en rêve, qu’il s’agisse des trois cents pages. Nooooon, bien sûr que nooon. On vous demande de pondre quatre feuilles indigentes, double alinéa, sur une quinzaine, éventuellement une trentaine des pages que comportent le texte. Bien entendu, émaillé de moult « citations précises » histoire de vérifier que vous avez eu le bon texte. Acheté le bon recueil. à 65$ l’unité. Dont tu te sert trois heures le temps de faire ta putain de ********** de *********** de fiche !!!! MAIS ******** DE ********* !!

J’ai… j’ai juste envie de vomir tellement ça me dégoûte. Sérieusement.

Bon, rentabilisons un peu cette sympathique insomnie qui fait que j’ai la malchance d’être debout à 6h du mat’ pour bafouiller quelque article dépourvu du moindre intérêt.

Par exemple, si je me lançais dans une description d’où manger à Montréal ? Où boire ? Où trouver l’équivalent de l’Avenue du Peuple Belge ? Vous pouvez prendre des notes, je gage que ce que je vais vous dire va vous être extrêmement précieux si jamais un jour vous vous retrouvez perdus à Trudeau (RRRRRRPOUITCH) (1) International, sans savoir où vous diriger une fois que le bus 747 (comme à Dublin, c’est rigolo) vous aura dument mené à la station Berri-UQAM, qui est un peu le cœur de la ville. Depuis Berri, en effet, vous vous trouvez sur les deux plus grandes artères « nocturnes » de la cité, à savoir Sainte-Cath’ et St-Denis. Il y a assez peu de restos sur Sainte-Cath’ du coté ouest, et donc je vous conseille fraichement d’y aller. A fortiori le soir, parce qu’il y a des Ouaiches qui y rôdent en masse, dans l’espoir d’égayer un peu leur vie sordide. Pour manger à Montréal, je conseille donc, eh bien, techniquement, n’importe quelle rue : il y a des petits restos un peu partout, des snacks, des dinners américains, des chinois de toute origines, des kebabs, et si votre but est uniquement de vous remplir la panse, vous pourrez le faire assez rapidement là, simplement en prenant la précaution financière de vous éloigner un peu du centre-ville, ce qui provoquera une immédiate chute des prix au grand soulagement de votre porte-monnaie déjà exsangue.

Si par contre vous souhaitez manger, sous-entendu, quelque chose de bon avec quelques petits camarades pour passer une bonne soirée/un bon repas de midi, rien de plus aisé : si vous êtes du type « étudiant », prêt à dépenser un peu mais pas trop, la rue St-Denis vous accueillera comme il se doit. Je vous re-re conseille le Frite Alors, qui propose rien de moins que les meilleures frites de la ville à un prix plus qu’acceptable. Comme la viande et la bière sont largement du niveau, je ne saurais que trop vous le conseiller vivement, et des deux mains. Un peu plus cher mais très sympathique aussi, vous pourrez trouver un bon vieux Trois Brasseurs bien de chez nous, et tout ce que cela entraine. Un seul regret : ils ont fait des choses affreuses aux Flammekueches que ça vous retourne votre cœur rouge avec un lys blanc de voir ça. Amis radins, et autres, arrangez-vous toujours pour y aller en semaine, entre 17h et 19h (ça vaut pour tous les bars et restaurants). le 5@9 est une institution locale, c’est l’heure de joie dans le langage de Voltaire, ou si vous préférez l’Happy hours, dans l’affreux argot boutiquier de Stephanie Mayer. Par exemple, la pinte des Trois Brasseurs passe à 3.98, soit un peu moins de 2 euros à l’heure où j’écris. C’est plus ou moins pareil dans tous les autres lieux de vie de Montréal durant ces trois heures.

Pour ce qui est des bars, vous avez l’embarras du choix : par exemple, le Saint-Sulpice qui est une véritable institution, le Saint-Bock, qui propose beaucoup de bières de micro-brasserie, et aussi le fort sympathique Café Chaos. Ce Café Chaos est une coop’, c’est-à-dire une sorte d’association à but pas trop lucratif, qui se distingue donc par des prix aussi très sympathiques. J’ajouterais volontiers que les serveurs sont très sympa, mais… mais en fait ici ce n’est pas un critère de sélection, car ils le sont tous, en fait et à dire vrai. Ainsi, il ne faut pas s’étonner si la serveuse, fan d’Eluveitie, se met à vous taper la converse quand vous mangez, c’est parfaitement normal, ou si le serveur, ayant reconnu votre noble origine, s’enquiert de savoir si vous êtes déjà allé voir la tombe de Jim Morisson. Je sais que ça n’a l’air de rien, mais on est tellement habitué à l’idée qu’entre le serveur et celui qu’il sert se dresse une espèce de mur mutuel de euh… un mur quoi, que ça fait tout bizarre. Ou alors je suis juste asocial, je ne sais pas. Mais quand même. Pour en revenir au Café Chaos, c’est également une carte peu chère ET bien achalandée : vous n’y trouverez pas de Kronenbourg et autres Molson Canadian digne des plus infâmes faquins. Par contre, il y a de la Jagermeister, un nom qui fleure bien le Wacken, de l’hydromel (mais pas d’hypocras, coupable négligence), et quelque unes des meilleures bières de Montréal : celles des micro-brasseries, les nombreuses sortes de Boréales, la Blonde d’Achouffe, qui est une licence de notre Chouffe nationale (à quand une licence sur la Cuvée, je vous le demande !!) et plein d’autres. Rien n’y est dispendieux en tout cas, sauf peut-être le vin, et encore. De toute façon, prendre du vin au Québec, ou au Canada, c’est un peu inutile ; le notre est meilleur. Même le tant vanté vin de glace n’est rien d’autre qu’un monbazillac au rabais, et bien plus cher qu’il ne devrait. De même le cidre québécois est d’après d’éminents spécialistes du genre, tant bretons que normands, je cite, une « soupe sans bulle », ce qui ne m’incite pas tant à essayer. On se reportera donc sur la bière, boisson nationale (avec le caribou, du vin chaud avec de la vodka ou du rhum que l’on boit en hiver quand il fait -40), et on prendra soin de ne pas humilier son palais en lui proposant des bières canadiennes, profondément infâmes, ou industrielles, comme la Molson Canadian. Les bières québécoises sont basée sur le modèle belge et sont donc plus adaptées à un palais de connaisseur. Vous ne trouverez pas, heureusement, de Rolling Rock à Montréal. Priviléger les Chambly ou les bières de micro-brasserie sera également un bon choix ; il y en a des centaines, il sera donc facile d’en trouver à votre goût. Un détail : ici, les blanches sont plus consistances que les blondes, qui tendent plus à rappeler de l’eau.

(1) Tel un vrai Québécois, je crache et fais le signe du mauvais œil après avoir prononcé ce nom honni. Unanimement considéré comme un traître infâme à sa nation par à peu prêt tout le monde, le malheureux Eliott Trudeau est l’objet d’un tel déferlement de haine homicide que je ne parvient pas à m’expliquer pourquoi ils ont donner son nom à leur aéroport le plus emprunté. C’est toute proportion gardée comme si on avait appelé Amiral-Darlan Roissy. Pour la petite histoire, outre ses nombres turpitudes, dont le refus de parler français, Trudeau, seul premier ministre du Canada d’origine Québécoise, envoya l’armée canadienne dans les rues de Montréal et de Québec au motif de la Loi sur les Mesures de Guerre, et procéda à plusieurs centaines d’arrestations (sans mandat ni procès bien entendu) de leader syndicaux, politiques, étudiants, journalistes et autres artistes, quelques semaines avant le référendum sur l’indépendance du Québec. Le Corse a beau dire, je ne pense pas que faire défiler des chars dans les rues d’une ville soit une grande marque de démocratie.