Le Metaldex : petit guide lexicologique du Metal et des Metaleux.ses

Comme les pokémons, les groupes de Metal sont nombreux, souvent bruyant, et parfois un peu répétitifs. Ils sont aussi classés dans un grand nombres de familles, chapelles, genres et sous-genres, sur la définition desquels il y a au moins autant d’avis divergents qu’il y a de métalleux en activité.

Le présent glossaire vise à vous donner une vague compréhension des termes employés, histoire que vous ne vous sentiez pas aussi mal à l’aise devant un article que devant une circulaire + 15 en abréviations du Ministère de l’éducation nationale. Un autre metalleux, plus trve ou en tout cas, qui prend les choses plus au sérieux que moi.

Suivez pas à pas le présent article pour enrichir votre connaissance de ce monde bruyant, chevelu et sentant la bière pas chère et pas fraiche ;

Metalleux.ses [types de]

Le TRVE

A tout seigneur tout honneur, le trve, ou trve du cvlt, est le vrai, l’authentique, que dis-je, le 100% pur porc des metalleux. Par définition, il s’oppose au False et au Poseur : lui, il connait les 1507 groupes de trve norvégian black  par coeur, assiste à tous les concerts de ses groupes favoris, et connaît probablement la marque des slips du chanteur de Gorgoroth.

Physiquement, le Trve doit normalement arborer l’intégralité de la panoplie du metalleux. Mais parfois, il est tellement trve qu’il n’a pas besoin de tout ces collifichets noirs pour prouver sa metallitude, car il est Metal.

Note que l’on trouve toujours plus trve que soi, car, en définitive, nous sommes tous le false d’autrui. Sauf Joey di Maio et Bruce Dickinson, bien entendu.

Le FALSE

Équivalent métallique du « faux geek » ou de la « fake nerd girl » sur interne ou encore du « punk bourgeois » chez nos petits cousins à crête. En gros, quelqu’un qui aime le Metal « pour faire genre » mais ne serait pas prêt à se tailler les veines pour obtenir le médiator touché par Ronnie James Dio. Tsss, tss. Aime probablement des groupes mainstream, dégueulasse et pas trve comme Metallica. Va au Hellfest « pour l’ambiance » (et par parce que « aaaarglleelg Trollfest aaargll »). Pasque bon, quand on est un groupe d’exclus marginaux, on transforme logiquement cette exclusion en preuve de suprématie. Et si le grand public veut y mettre les pieds, c’est selon « nos » codes et pas d’autres. Rassurez vous quand même, si vous êtes un false (ce qui est le cas de tout le monde, de toute façon), les métalleux sont plutôt cool dans l’ensemble. Au pire, ils éviteront de vous inclure dans leur conversation sur l’appartenance de tel groupe au Trash ou au Speed.

Attention, pour un black metaleux standard, « mainstream » désigne tout groupe de metal qui n’a pas enregistré une K7 dans une cave Solognotte, distribuée en édition limitée à vingt-cinq personnes et « commercial » commence quand un groupe signe avec Season of Mist. Oui, le Black Metalleux est un peu le hypster du Metal, c’est pour ça que c’est si marrant de se moquer gentiment d’eux.

 


Les Genres du Metal

le HEAVY METAL

Au sens générique, désigne la musique Metal en général.
Du fait de la multiplication exponentielle des groupes et de musiques, qui tout en étant du métal, ne partagent que peu de point commun avec Fear of the Dark,  entre trves on désignera par Heavy Metal le genre traditionnel, « historique » du metal, guitare sèche, ligne de basse, batterie rapide et chant audible (voix claire).

Le Heavy Metal est le genre fondateur du metal en général. Il est  apparu dans les années 70 comme une variante du Hard Rock avec des groupes mythiques comme Judas Priest ou Black Sabbath.

Puis Iron Maiden dans les années 80 a marqué l’apparition de la « New Wave of British Heavy Metal » (NWBHM), marquant un Heavy metal autonome du hard rock et marqué par une mélodie perceptible (on parle également de Heavy metal mélodique, du coup). Le grand foyer du heavy est l’Angleterre, évidemment, mais l’Allemagne n’est pas en reste.
On parle de « Heavy Metal à l’Allemande » pour désigner les groupes relevant de cette catégorie, qui fonderont deux sous-genre du Heavy metal, le Speed Metal d’une part – lourde influence de Judas Priest – dont Running Wild est avec Accept, le groupe emblématique – et le Power Metal, d’autre part, incarné par des groupes tels que Grave Digger, Blind Guardian, Helloween ou Gamma Ray.

Bref, c’est bonnard, et comme de toute manière, c’est mon obédience musicale privilégiée, je vous prie de me croire, bande de petits sacripants.

le FOLK METAL

Stricto sensus, du Power avec des instruments traditionnels (dont au moins une cornemuse du chaos) et ça parle de bière, ou d’alcool.

Après, y a différents styles particuliers :

  • le Celtique folk metal : genre logiquement apparu en Irlande, dont proviennent les géniaux inventeurs du genre, Skyclad. Signes particuliers : Reprise de « le Loup, le Renard et la Belette » en allemand, utilisation d’une cornemuse, portent des kilts et des torques en cuivre doré, Tribu de Dana avec une double basse. Parlent de bière. (Groupes typiques : Taranis (France), Eluveitie (Suisse), Cruachan (Irlande), In Extremo (Allemagne), Alestorm (Écosse)…)
  • le Viking Metal : Badass et bien velu, le viking est naturellement devenu un thème de prédilection pour tout groupe qui cherche une iconographie musicale qui pète des rotules. A fortiori dans un monde musical où un groupe sur trois vient de Scanie. Fondé par le groupe norvégien de black old school Bathory. Signes particuliers : « THOR !! THOR !! ODIIIIN !!! PROTECTORS OF MANKIND !« , marteaux de Thor, taille XXL, barbe, hydromel, marteau de Thor, Trolls, mythologie scandinave, drakkars, vikings, bataille burnées, et est-ce que j’ai parlé du marteau de Thor ? (Groupes typiques : Amon Amarth, Ensiferum, Tyr, Finntroll, Trollfest, Falkenbach, Korpiklaani, un groupe sur deux en Finlande.)

Pour achever de compliquer les choses, comme un vulgaire syndicat étudiant national, le Folk connait des tendances, c’est-à-dire qu’il n’est pas seulement folk du fait de son thème, mais qu’il est joué selon un style spécifique. Par exemple, Amon Amarth est à tendance (lourde) Death melodique, Trollfest, Finntroll ou Equilibrium sont du bon gros black qui hurle, Eluveitie ou Cruachan du Death/black melodique, tandis que Turisas et Alestorm émargent dans la catégorie Heavy metal (Power/Speed), avec une étiquette supplémentaire, puisque Turisas, c’est du Battlemetal et Alestorm rejoint Running Wild dans la catégorie « Pirate » et  » Speed ».

Vous êtes paumés ? C’est bon ? On continue alors !

le THRASH

Trop violent pour être du speed, pas assez pour être du Death, le Thrash metal est un genre un peu bâtard intermédiaire né aux USA dans les années 80. Nourri de l’influence de plein de trucs, y compris du Grunge et du punk-hardcore, le Thrash metal se joue vite, violemment, et avec une voix pas forcément hyper claire, sans tomber dans le growl, technique typique du Death. Comme d’hab, les paroles parlent de mort, de guerre, de maladie, et etc., on est pas chez mémé, vous voyez le tableau.
Les grands groupes du Thrash metal sont le « big four of Thrash » : Metallica – gnarf -, Slayer, Megadeth et le 4ème qu’on oublie tout le temps, Anthrax.

Par ailleurs, on soulignera l’existence d’un « Big three of Thrash », allemand celui-là, autour de Kreator, Destruction et Sodom, parce qu’on aime être subtil dans le genre.

Le Thrash metal, issu de la fusion du Speed et du Punk-Hardcore inspirera le Death et le Black, tandis qu’il donnera naissance à des genres aussi inutiles comme le nu metal, le metalcore ou le crabcore. Bravo le veau.

Comme pour les trois genres cités ci-dessus, les USA et plus largement l’Amérique du Sud ou du Nord est la patrie d’origine d’une écrasante majorité de groupe de Thrash.

le BLACK

Pour reprendre une phrase d’un mien ami, metalleux lui-aussi, « si le metal, c’est le cousin bizarre au bout de table, le black metal, c’est son petit frère qui aime bien tuer des chats pour voir ce que ça fait« .

Cuir, clous, maquillage, new rocks, visuellement proche de Kiss crucifié et auditivement d’un canard qu’on viole, le tout sur une musique inaudible et jouée à contre-temps si possible. Les paroles parlent de mort, de Satan, et de massacre (mais ça c’est normal, après tout). Sauf que eux se prennent un trop souvent vraiment, mais vraiment, très au sérieux.

A cette description, quinze blackeux viennent de sortir les fourches pour m’étriper. N’empêche que globalement, ce style concentre pas mal de la trvuitude du Metal, et qu’un certain nombre de leurs groupes emblématiques ont tourné bien zarbi (voir Burzum, Mayhem, Gorgoroth, etc.).

ça n’empêche cependant pas leur musique d’avoir une technicité certaine pour ceux qui parviennent à l’apprécier, ce qui n’est pas toujours mon cas.

A écouter : Equilibrium, Emperor (moins kitschouille que Cradle of Filth ou Dimmu Borgir), Ulver ou Trollfest. Surtout Trollfest en fait. C’est marrant.

Quelques exemples de sous-genres du Black :

  • folk black
  • First wave (black metal old school)
  • Second wave ou Trve norvegian black
  • Néo-nazi black metal (parodique ou non)
  • Black Atmo (parfois terriblement proche de l’avant-garde metal ou du doom, compositions interminables, chansons à se pendre).

On trouve le Black metal à une écrasante majorité en Norvège, et, de manière plus surprenante, en France.

Le Death

Ce qui m’amène logiquement à parler du Death metal. Genre bien burné dont le nom vient du groupe éponyme (Death), ce qui est plutôt la classe. Se caractérise par des guitares sur-saturées, des voix growl, un usage jouissif de la double pédale ou du blast beat, ou des deux en même temps, et des chanteurs XXL. En concert, grosse, grosse affection pour les Wall of death (forcément), et les circle et mosh pit.

Groupes typiques : Venom, Celtic Frost, Morbid Angel, Carcass, Déicide, Caliban, les français de Dagoba et Gojira… plein d’autres.

On distinguera le Death classique de ces sous-genres :

  • Death Melodique : Comme du death, mais avec une mélodie. Typiquement, Amon Amarth.
  • BRUTAL Death (absolument pas mélodique) : C’est du Death. Mais genre vraiment brutal, tu vois. Groupe évident : Cannibal Corpse. (musicalement, ça n’a aucun intérêt, mais y en a qui aiment)

Voilà ! Nous avons parcouru les « grands » genre du Metal, ceux qui structurent cet arbre généalogique merveilleux et plein de bruit qui conduit à ce groupe de chevelu qui est devant toi. Bien entendu, il en reste plein, plein, plein d’autres genres de moindre taille (ou tendances diverses) : l’indus, le stoner, le doom, le classique, l’atmosphérique, le mélodique, le sludge, le gothique, le glam, féminin, etc., que je définirais dans une autre partie du Metaldex.

Plus tard. Parce que là, j’ai la flemme.

 

 

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