Un point sur Charlie.

Putain, c’est pas possible.

C’est pas vrai. C’est quoi ce délire ? On est en France, à Paris, dans le 11ème arrondissement, c’est pas juste possible. C’est forcément une erreur d’I>Tele, c’est un mort, un blessé grave seulement, peut-être, ils se sont gourés, ils ont rajouté un zéro dans la précipitation, c’est obligé… !

C’était pas une erreur d’I>Télé, finalement.

Ce que ça fait mal, putain. Depuis mercredi, j’ai l’impression de flotter entre sidération, tristesse, colère et rage.

Je ne lisais pas Charlie, hein. Comme 95% de la population, j’avoue que, l’un dans l’autre, et globalement, c’était pas ma came. C’est pas que j’étais particulièrement imperméable à leur humour, non, mais juste pas fan au point de dépenser 3 euros hebdomadaires pour ça. J’ai du l’acheter une fois ou deux, en fait, à peut prêt autant que le Figaro (ne me jugez pas : il y a des coins à la campagne où on ne trouve même pas le Monde). Comme tout le monde, j’étais satisfait de savoir que, quelque part, virtuellement, il y avait quelqu’un qui se consacrait à dessiner toutes les conneries, toutes les vulgarités, toutes les bites et les nichons nécessaires à l’affirmation victorieuse d’une République des lumières gauloise, pendant que je me consacrait personnellement à des tâches plus intellectuellement relevées, comme la lecture de la Mare aux canard, page 2.

En gros, je les laissait mourir, de mort lente, certes, mais mourir quand même, sans m’en préoccuper plus que ça. Evidemment, c’était dommage : un journal qui meurt, c’est toujours une part de République qui s’en va. C’est pour ça que je n’ai pas affiché « Je suis Charlie » : j’aurais eu l’impression d’être hypocrite. Mais c’est purement personnel. Chacun exprime comme il lui sied sa peine et sa douleur, j’ai le plus grand respect pour ça.

Et puis, c’est vrai qu’en réalité, Cabu, pour moi, c’est le Canard, Tignous, c’est Marianne, et Bernard Maris, c’était France Inter. J’ai du mal à imaginer la matinale du vendredi matin sans lui et Dominique-Seux-des-Echos s’engueulant poliment sur l’intérêt des eurobonds, avant de tomber d’accord sur le dos des fonctionnaires trop nombreux. Charb, Wolinski, Honoré, Elsa Cayat, les deux policiers, l’homme qui faisait l’entretien, je ne les connaissais pas plus que ça, franchement, mais je pleure quand même leur mort. C’est trop con, partir comme ça, pour ça.

On a tué des innocents, mercredi. On a tué une innocente jeudi. On a tué des innocents vendredi. Des gens gentils, tous. Des pacifistes dans une salle de rédac, qui déconnaient, qui ne respectaient aucune idole hormis le rire, et qui aimaient tous d’autant plus leur prochain qu’ils le châtiait bien, chaque fois qu’il se comportait comme un gros con, le prochain, à coup de dessins qui avaient la cruauté, la malice, et l’innocence de Candide. Prétendre que Charlie Hebdo était réactionnaire, comme peuvent le faire certains petits marquis de la rébellion certifiée 100% de gôche, est une insulte à tout ce que pouvait bien être Charlie, et un aveu d’ignorance. Leurs dessins étaient affreux, sales, bêtes et méchants, tant qu’on veut, choquant, si on le voulait, mais racistes ? homophobes ? d’extrême-droite ? Je ne le pense pas. [Cela étant, je n’ose crier « jamais », car n’expérimentant pas moi-même le racisme au quotidien, je ne peux pas totalement être bon juge de la question].

On a tué des gens parce qu’ils faisaient leurs courses. Leurs courses, bons dieux. Est-ce que c’est un monde, ça, que de risquer la mort pour avoir manqué de beurre dans son frigo ?

Tous ces morts au nom de quoi ? De la barbarie, du fascisme et de l’intolérance la plus crasse, de la haine la plus obscure, de la folie la plus noire, ça c’est sûr. La religion ? Un prétexte. J’avoue mon ignorance quant à l’existence d’une puissance transcendante quelconque, que ce soit Dieu, Allah, la Nature ou Rolf Kasparec, mais je doute que le cas échéant elle puisse se sentir flattée par ce genre d’adorateurs.

Ce qui me touche particulièrement, c’est de voir comment les Français ont été solidaires, spontanément, sans avoir besoin de mot d’ordre, ni des médias ni des politiques – mercredi, tout s’est fait sur les réseaux sociaux, et c’était une belle mobilisation. C’est dans ces moments là, si rares et précieux, qu’on se rappelle que la République n’appartient ni aux partis politiques ni aux institutions, qu’elle ne réside pas réellement dans la personne de MM. Hollande et Valls, mais qu’elle est la res publica, la chose publique, incarnée seulement dans le peuple assemblé – et combien belle était-elle, cette République, sur la place qui porte son nom, mercredi soir ! Oh, c’est une chose fugace, je le sais bien : aussitôt vue, aussitôt repartie. Mais quel cinglant démenti pour tous les pessimistes, tous les aigris, toutes les petites personnes, tous les Zemmour de droite et ceux de gauche, il y en a aussi, les nihilistes mous, qui voudraient tant que les Français soient un peuple de veaux, dévoré d’égoïsme minable et de petite haine raciste à deux francs. Comme eux.

Tranquillement, dignement, « le peuple » les a bien envoyé se faire voir.

Spontanément, c’est sa réaction de ces derniers jours qui nous montre la voie à suivre pour sortir dans la dignité du drame terrible que nous avons vécu : que la belle devise de la République ne doit pas rester une devise morte au fronton de nos mairies, mais que c’est à chacun de la faire vivre dans sa tête et dans son cœur.

Face à la haine, il faut répondre par la fraternité, face à l’ignorance, répondre par la compréhension, face à l’intolérance, répondre par la compassion.

C’est-à-dire qu’il faut refuser la tentation sécuritaire à l’Américaine : non, nous n’avons pas besoin de plus de policiers, de plus de gendarmes. Peu de pays dans le monde, je pense, peuvent se permettre de déployer 90.000 hommes pour capturer trois hommes. Il aura quand même fallu deux jours. Aucun supplément d’uniformes n’y changera rien. Nous n’avons pas besoin non plus de nouvelles lois répressives et sécuritaires, un Patriot Act à l’Américaine. Par pitié, nous valons mieux que Georges W. Bush !

C’est-à-dire aussi qu’il va falloir engager un débat citoyen d’ampleur sur la place que nous réservons aux citoyens d’origine musulmane en France, sur l’exclusion sociale et professionnelle dont souffrent les plus jeunes, les plus vulnérables, sur le racisme décomplexé que certaines élites politiques et médiatiques expriment avec la certitude de ne jamais être repris. Ainsi, Eric Zemmour peut-il dire, le plus naturellement du monde, que si les français d’origine musulmane vivent en groupe dans des citées à l’extérieur des villes, c’est pour mieux refuser le modèle républicain, mais oui ma bonne dame, et d’ailleurs, si le Maréchal a donné les juifs étrangers aux nazis c’est pour protéger les colonies françaises et nos juifs à nous, c’est bien connu. Et personne ne reprend Zemmour, à part Mélenchon par-ci, un chercheur par-là. Personne pour dire que s’ils sont là bas, ce n’est évidemment pas de leur faute, mais celle de la France. C’est l’Etat – et les propriétaires fonciers privés des centres-villes, et les gens qui ne veulent voulaient pas avoir « d’arabes dans le quartier, vous comprenez, avec ce qu’on dit » – qui a mis ces populations économiquement fragiles aux marges de la ville, comme toujours avec ces populations ! En 1860, dans les Misérables, Victor Hugo écrivait des pages proprement terrifiantes sur les Provencaux, les Auvergnats, les chemineaux « pleins de misère et de vice » (op. cit) qui rôdaient dans les faubourgs de Paris la nuit, en 1958, Louis Chevalier prouvait de manière éclatante (1) comment les conditions socio-économiques déterminent la délinquance dans les classes populaires, en 2014, les mêmes thèses naturalistes éculées nous sont servies comme si on avait rien appris depuis.

L’exclusion sociale, économique, politique d’une catégorie de citoyens se traduit par son exclusion géographique, aux marges de la ville, dans les citées. Aux marges de la société, dans l’abstention et le refus de participer aux élections. Aux marges de l’économie libérale, dans la petite délinquance. Petite délinquance qui les entraînera forcément à découvrir les bras accueillants de la République sous la forme d’une comparution immédiate à la 23ème chambre, suivie d’un séjour allant de six mois à deux ans (ou plus) dans une prison random, d’où il ressortira probablement nanti d’un riche carnet de cheiks. Faute d’un renouvellement de fond en comble de notre prise en compte de cette délinquance de l’exclusion et de la misère, ce n’est pas demain la veille qu’on arrêtera de craindre le bruit de la kalach.

Ah, et puis il ne faut pas écouter Marine Le Pen.

Et puis, j’aurais bien aimé que la manifestation de Paris du 11 ne se transforme pas en farce. On prétend faire (2) défiler les Français pour la liberté de la presse ? Vraiment ?

Derrière Nicolas Sarkozy, qui a fait espionner MM. Davet et Lhomme lors de l’affaire des fadettes ? Arrêté chez lui le rédacteur en chef de Libération pour cause d’article défavorable ? A fait pression sur son ami Bouygues pour avoir la tête de Patrick Poivre d’Avor, pour cause de lèse-taille de sa majesté ?

Derrière le représentant de l’état turc, célébré dans le monde entier pour sa pratique sévère mais juste de l’emprisonnement politique des journalistes un peu trop remuants ?

Derrière M. Orban, digne démocrate attaché aux valeurs de la République ?

Derrière le représentant des Emirats Arabes Unis, fameux pour leur liberté de la presse et leur pratique sensible de la tolérance religieuse ?

Moui, non merci, si c’est pour nous refaire le coup de la guerre à la Terreur, ça sera sans moi.

Amadev.

(1) Classes laborieuses, classes dangereuses, à Paris dans la première moitié du 19ème siècle, Louis Chevalier, 1958. Ouvrage de petite taille mais dense, il peut être utilisé avec profit contre l’éventuel oncle raciste* qui trouve que « Marine, quand même, elle dit pas que des conneries », aussi bien que contre le cousin d’extrême-gauche (il a une barbichette et un t-shirt Che Guevara) qui dit que « jamais une population n’a été aussi stigmatisée auparavant #étatfasciste #toussepourris ».

*Je n’ai pas d’oncle raciste, mais c’est le cliché convenu.

(2) déjà, ça commence mal.

Drame de Sivens : quelles leçons en tirer ?

Le tragique destin du jeune Rémi Fraisse, tombé sur le site du barrage de Sivens, dans le Tarn, éclaire sous un jour cruel l’incapacité des élites françaises à comprendre intellectuellement les aspirations et les inquiétudes d’une part non négligeable de la société française, telles qu’exprimées par le phénomène des « zones à défendre », les ZAD.

Une seule ZAD, Notre-Dame-des-Landes, c’était un événement, trois, un sujet. Quand on arrive à cinquante, comme actuellement, c’est un phénomène au sens hégélien du terme : nous sommes rendus face à la cristallisation d’un mouvement de fond, d’autant plus puissant qu’il semble apparaître soudain des limbes de l’internet (1), à la lueur brute des projecteurs médiatiques soudain braqués de nouveau sur cette partie de la France qui avance sur un chemin qui n’est pas d’asphalte.

Et cette lumière médiatique, d’autant plus puissante qu’on ne s’embarrasse pas de nuances sur un format de 2 »5, coco, simplifie-moi tout ça, éclaire d’autant plus cruellement les incroyables carences de la classe politique « de gouvernement » (c’est-à-dire, entendons-nous, ceux que le système politique bien particulier de la Cinquième autorise à gouverner) quant il faut penser, entendre, et encore plus répondre à la question des Zad.

C’est ainsi M. Carcenac, le président PS du CG du Tarn, répliquer en notable de province sûr de son bon droit et agacé de tout ces parisiens qui viennent lui chier dans les bottes depuis deux jours qu’il est « stupide et bête » de mourir pour des idées, oubliant au passage que Rémi n’était peut-être pas Enjolras – qu’il n’avait pas choisi de mourir, et qu’en France, en 2014, manifestant, fus-ce contre la police, il n’avait légitimement pas à le craindre.

C’est aussi cette terrifiante prestation à Ce Soir ou Jamais, où l’on sent, où l’on touche réellement à quel point ils ne comprennent pas. Mathieu Burnel parle bien, il dit des choses vraies, il dit des choses fortes, il dit des choses éventuellement contestables, mais l’aréopage en face de lui, qui représente grosso modo tout l’éventail de gens auto-référencés comme « sérieux », de la droite faussement pâté-pinard à la gauche PS, ne l’écoute pas, ne le comprend pas, ne réfléchi même pas à ce qui lui dit. C’est incroyable, vraiment : à peine a-t-il tant bien que mal fini son ardente argumentation, qu’on voit Corinne Lepage et Pascal Bruckner repartir exactement du même point qu’avant. Mais exactement ; comme si rien ne c’était produit. C’était le démarrage en côte de la pensée toute faite, on entendait littéralement grincer leurs vitesses intellectuelles pour revenir à l’allure normale, convenue, et totalement hors sujet du débat. En toute honnêteté,j’ai été absolument glacé par cette vidéo, et surtout par le vide, le néant absolu qu’exprimait ce ricanement de connivence et d’incompréhension qui échappait involontairement des personnes présentes.

Cependant, je ne suis pas certain de suivre Mathieu Burnel lorsqu’il dit que l’insurrection vient, qu’elle est là, même. J’incline d’ailleurs à penser que la révolution – la vraie, ce glaive flamboyant du peuple devant lequel tout plie – ne vient jamais quand on l’attend, encore moins quand on l’appelle. Et quand elle surgit, si elle surgit, c’est toujours pour des motifs qui lui sont propres, c’est une vague, un tsunami, qui balaie d’abord les « avants-gardes » autoproclamées et autres révolutionnaires à plein temps qui croient l’invoquer en jetant des pierres sur la police ; c’est là vaste plaisanterie.

Pour ce que vaut mon opinion, c’est-à-dire pas grand chose, je crois que nous sommes en réalité là en face d’un conflit de génération. Cela paraît peu, mais c’est vaste et profond. Pour autant, il reste circonscrit à ce que la France a pu connaître -et surmonter- précédemment ; chaque génération a ses lignes rouges, ses zones à défendre à elle ; en 1968, c’était l’écrasement du carcan moral conservateur au profit de l’idéal social libéral, en 2014, la ligne rouge, c’est notre mode de vie. Le refus profond, viscéral, qui anime cette résistance, c’est peut-être bien la prise de conscience que nous sommes dans un monde fini, aux ressources déterminées, et que ce que nous détruisons, nous ne le retrouveront plus, jamais. L’avantage, c’est que les révolutions avortent souvent, alors que les jeunes gagnent toujours les conflits de génération : ils n’ont souvent qu’a attendre un peu.

Ce qui est frappant, à mon sens, c’est de constater que tous ces mouvements, ces Zad, ne sont pas des épiphénomènes fugaces. Si on se penche sur le phénomène, on voit des installations qui à la fois très nouvelles dans la forme et très anciennes dans la fonction, qui remontent pour l’idéologie aux temps presque oubliés du socialisme, qui relèvent presque inconsciemment d’un idéal finalement très rousseauiste, et qui durent, en dépit de leur précarité, depuis plus de deux ans pour la majeure partie !

Quand on voit ça, on comprend qu’on ne peut pas être face à une poignée d’anarcho-dépressifs persuadés d’ouvrir le chemin à la grande révolution contre l’état fasciste ; ce discours gouvernemental (et largement repris médiatiquement, cf. le Monde) ne peut tenir face aux faits tangibles de cette mobilisation à l’échelle nationale : qu’on se rende compte : à quelques exceptions, les Zad semblent épouser le contours des « grands chantiers » du Sarkozysme keynésien, lancés en 2010 pour relancer la croissance, avec le succès que l’on sait. Ce n’est pas un hasard ; à mon sens, ce à quoi nous assistons actuellement, c’est à la prise de conscience diffuse, mais générale, que nous sommes à la croisée des chemins, à la séparations des eaux.

Ce qui est remarquable, c’est que les élites restent férocement accrochées au vieux modèle, productiviste, bâti en force et sans finesse, celui de l’homme maître et possesseur de la nature, celui de la croissance éternelle, infinie, qui seule valide et légitime le modèle en vigueur. On admirera d’ailleurs les paradoxes profonds de l’idéologie libérale et capitaliste, qui conspue l’État, mais cherche avidement son soutien au premier danger, qui vilipende la dette, mais vit à crédit à raison de deux planètes et demi par an, qui craint le peuple, qui le méprise, mais qui n’existe que par lui. Il est vrai que le libéralisme, le capitalisme disposent, en matière sociale, d’une remarquable plasticité ; c’est ce qui rend cette idéologie si efficace : qu’importe, au fond, ce que lui impose le peuple, tant qu’il consomme. D’où son incroyable résilience face aux crises sociétales. Pour autant, l’idée écologique est tellement en contradiction avec l’idée de croissance, de marge, qu’il me semble qu’un espoir puisse se nicher là, et, pour partie, demeurer dans les Zad…

Reste que du côté de nos dirigeants, cette prise de conscience est encore loin, le réflexe répressif immédiat : « mais qui sont ces hippies qui nous résistent ? ». Que la nature puisse être en elle-même un motif digne de préservation, une source de richesse, et, en définitive, la voie de notre prospérité future est une chose de plus en plus évidente pour nombre de la jeune génération, mais totalement incomprise par les représentants du pouvoir (quel que soit la forme du pouvoir). De là la crise actuelle.

Il est vrai que lorsque l’on a plus le temps de lire, on n’a plus celui de penser.

Amadev

(1) Tout le monde ne lit pas Reporterre, et tout le monde a bien tort.

Le Metaldex : petit guide lexicologique du Metal et des Metaleux.ses

Comme les pokémons, les groupes de Metal sont nombreux, souvent bruyant, et parfois un peu répétitifs. Ils sont aussi classés dans un grand nombres de familles, chapelles, genres et sous-genres, sur la définition desquels il y a au moins autant d’avis divergents qu’il y a de métalleux en activité.

Le présent glossaire vise à vous donner une vague compréhension des termes employés, histoire que vous ne vous sentiez pas aussi mal à l’aise devant un article que devant une circulaire + 15 en abréviations du Ministère de l’éducation nationale. Un autre metalleux, plus trve ou en tout cas, qui prend les choses plus au sérieux que moi.

Suivez pas à pas le présent article pour enrichir votre connaissance de ce monde bruyant, chevelu et sentant la bière pas chère et pas fraiche ;

Metalleux.ses [types de]

Le TRVE

A tout seigneur tout honneur, le trve, ou trve du cvlt, est le vrai, l’authentique, que dis-je, le 100% pur porc des metalleux. Par définition, il s’oppose au False et au Poseur : lui, il connait les 1507 groupes de trve norvégian black  par coeur, assiste à tous les concerts de ses groupes favoris, et connaît probablement la marque des slips du chanteur de Gorgoroth.

Physiquement, le Trve doit normalement arborer l’intégralité de la panoplie du metalleux. Mais parfois, il est tellement trve qu’il n’a pas besoin de tout ces collifichets noirs pour prouver sa metallitude, car il est Metal.

Note que l’on trouve toujours plus trve que soi, car, en définitive, nous sommes tous le false d’autrui. Sauf Joey di Maio et Bruce Dickinson, bien entendu.

Le FALSE

Équivalent métallique du « faux geek » ou de la « fake nerd girl » sur interne ou encore du « punk bourgeois » chez nos petits cousins à crête. En gros, quelqu’un qui aime le Metal « pour faire genre » mais ne serait pas prêt à se tailler les veines pour obtenir le médiator touché par Ronnie James Dio. Tsss, tss. Aime probablement des groupes mainstream, dégueulasse et pas trve comme Metallica. Va au Hellfest « pour l’ambiance » (et par parce que « aaaarglleelg Trollfest aaargll »). Pasque bon, quand on est un groupe d’exclus marginaux, on transforme logiquement cette exclusion en preuve de suprématie. Et si le grand public veut y mettre les pieds, c’est selon « nos » codes et pas d’autres. Rassurez vous quand même, si vous êtes un false (ce qui est le cas de tout le monde, de toute façon), les métalleux sont plutôt cool dans l’ensemble. Au pire, ils éviteront de vous inclure dans leur conversation sur l’appartenance de tel groupe au Trash ou au Speed.

Attention, pour un black metaleux standard, « mainstream » désigne tout groupe de metal qui n’a pas enregistré une K7 dans une cave Solognotte, distribuée en édition limitée à vingt-cinq personnes et « commercial » commence quand un groupe signe avec Season of Mist. Oui, le Black Metalleux est un peu le hypster du Metal, c’est pour ça que c’est si marrant de se moquer gentiment d’eux.

 


Les Genres du Metal

le HEAVY METAL

Au sens générique, désigne la musique Metal en général.
Du fait de la multiplication exponentielle des groupes et de musiques, qui tout en étant du métal, ne partagent que peu de point commun avec Fear of the Dark,  entre trves on désignera par Heavy Metal le genre traditionnel, « historique » du metal, guitare sèche, ligne de basse, batterie rapide et chant audible (voix claire).

Le Heavy Metal est le genre fondateur du metal en général. Il est  apparu dans les années 70 comme une variante du Hard Rock avec des groupes mythiques comme Judas Priest ou Black Sabbath.

Puis Iron Maiden dans les années 80 a marqué l’apparition de la « New Wave of British Heavy Metal » (NWBHM), marquant un Heavy metal autonome du hard rock et marqué par une mélodie perceptible (on parle également de Heavy metal mélodique, du coup). Le grand foyer du heavy est l’Angleterre, évidemment, mais l’Allemagne n’est pas en reste.
On parle de « Heavy Metal à l’Allemande » pour désigner les groupes relevant de cette catégorie, qui fonderont deux sous-genre du Heavy metal, le Speed Metal d’une part – lourde influence de Judas Priest – dont Running Wild est avec Accept, le groupe emblématique – et le Power Metal, d’autre part, incarné par des groupes tels que Grave Digger, Blind Guardian, Helloween ou Gamma Ray.

Bref, c’est bonnard, et comme de toute manière, c’est mon obédience musicale privilégiée, je vous prie de me croire, bande de petits sacripants.

le FOLK METAL

Stricto sensus, du Power avec des instruments traditionnels (dont au moins une cornemuse du chaos) et ça parle de bière, ou d’alcool.

Après, y a différents styles particuliers :

  • le Celtique folk metal : genre logiquement apparu en Irlande, dont proviennent les géniaux inventeurs du genre, Skyclad. Signes particuliers : Reprise de « le Loup, le Renard et la Belette » en allemand, utilisation d’une cornemuse, portent des kilts et des torques en cuivre doré, Tribu de Dana avec une double basse. Parlent de bière. (Groupes typiques : Taranis (France), Eluveitie (Suisse), Cruachan (Irlande), In Extremo (Allemagne), Alestorm (Écosse)…)
  • le Viking Metal : Badass et bien velu, le viking est naturellement devenu un thème de prédilection pour tout groupe qui cherche une iconographie musicale qui pète des rotules. A fortiori dans un monde musical où un groupe sur trois vient de Scanie. Fondé par le groupe norvégien de black old school Bathory. Signes particuliers : « THOR !! THOR !! ODIIIIN !!! PROTECTORS OF MANKIND !« , marteaux de Thor, taille XXL, barbe, hydromel, marteau de Thor, Trolls, mythologie scandinave, drakkars, vikings, bataille burnées, et est-ce que j’ai parlé du marteau de Thor ? (Groupes typiques : Amon Amarth, Ensiferum, Tyr, Finntroll, Trollfest, Falkenbach, Korpiklaani, un groupe sur deux en Finlande.)

Pour achever de compliquer les choses, comme un vulgaire syndicat étudiant national, le Folk connait des tendances, c’est-à-dire qu’il n’est pas seulement folk du fait de son thème, mais qu’il est joué selon un style spécifique. Par exemple, Amon Amarth est à tendance (lourde) Death melodique, Trollfest, Finntroll ou Equilibrium sont du bon gros black qui hurle, Eluveitie ou Cruachan du Death/black melodique, tandis que Turisas et Alestorm émargent dans la catégorie Heavy metal (Power/Speed), avec une étiquette supplémentaire, puisque Turisas, c’est du Battlemetal et Alestorm rejoint Running Wild dans la catégorie « Pirate » et  » Speed ».

Vous êtes paumés ? C’est bon ? On continue alors !

le THRASH

Trop violent pour être du speed, pas assez pour être du Death, le Thrash metal est un genre un peu bâtard intermédiaire né aux USA dans les années 80. Nourri de l’influence de plein de trucs, y compris du Grunge et du punk-hardcore, le Thrash metal se joue vite, violemment, et avec une voix pas forcément hyper claire, sans tomber dans le growl, technique typique du Death. Comme d’hab, les paroles parlent de mort, de guerre, de maladie, et etc., on est pas chez mémé, vous voyez le tableau.
Les grands groupes du Thrash metal sont le « big four of Thrash » : Metallica – gnarf -, Slayer, Megadeth et le 4ème qu’on oublie tout le temps, Anthrax.

Par ailleurs, on soulignera l’existence d’un « Big three of Thrash », allemand celui-là, autour de Kreator, Destruction et Sodom, parce qu’on aime être subtil dans le genre.

Le Thrash metal, issu de la fusion du Speed et du Punk-Hardcore inspirera le Death et le Black, tandis qu’il donnera naissance à des genres aussi inutiles comme le nu metal, le metalcore ou le crabcore. Bravo le veau.

Comme pour les trois genres cités ci-dessus, les USA et plus largement l’Amérique du Sud ou du Nord est la patrie d’origine d’une écrasante majorité de groupe de Thrash.

le BLACK

Pour reprendre une phrase d’un mien ami, metalleux lui-aussi, « si le metal, c’est le cousin bizarre au bout de table, le black metal, c’est son petit frère qui aime bien tuer des chats pour voir ce que ça fait« .

Cuir, clous, maquillage, new rocks, visuellement proche de Kiss crucifié et auditivement d’un canard qu’on viole, le tout sur une musique inaudible et jouée à contre-temps si possible. Les paroles parlent de mort, de Satan, et de massacre (mais ça c’est normal, après tout). Sauf que eux se prennent un trop souvent vraiment, mais vraiment, très au sérieux.

A cette description, quinze blackeux viennent de sortir les fourches pour m’étriper. N’empêche que globalement, ce style concentre pas mal de la trvuitude du Metal, et qu’un certain nombre de leurs groupes emblématiques ont tourné bien zarbi (voir Burzum, Mayhem, Gorgoroth, etc.).

ça n’empêche cependant pas leur musique d’avoir une technicité certaine pour ceux qui parviennent à l’apprécier, ce qui n’est pas toujours mon cas.

A écouter : Equilibrium, Emperor (moins kitschouille que Cradle of Filth ou Dimmu Borgir), Ulver ou Trollfest. Surtout Trollfest en fait. C’est marrant.

Quelques exemples de sous-genres du Black :

  • folk black
  • First wave (black metal old school)
  • Second wave ou Trve norvegian black
  • Néo-nazi black metal (parodique ou non)
  • Black Atmo (parfois terriblement proche de l’avant-garde metal ou du doom, compositions interminables, chansons à se pendre).

On trouve le Black metal à une écrasante majorité en Norvège, et, de manière plus surprenante, en France.

Le Death

Ce qui m’amène logiquement à parler du Death metal. Genre bien burné dont le nom vient du groupe éponyme (Death), ce qui est plutôt la classe. Se caractérise par des guitares sur-saturées, des voix growl, un usage jouissif de la double pédale ou du blast beat, ou des deux en même temps, et des chanteurs XXL. En concert, grosse, grosse affection pour les Wall of death (forcément), et les circle et mosh pit.

Groupes typiques : Venom, Celtic Frost, Morbid Angel, Carcass, Déicide, Caliban, les français de Dagoba et Gojira… plein d’autres.

On distinguera le Death classique de ces sous-genres :

  • Death Melodique : Comme du death, mais avec une mélodie. Typiquement, Amon Amarth.
  • BRUTAL Death (absolument pas mélodique) : C’est du Death. Mais genre vraiment brutal, tu vois. Groupe évident : Cannibal Corpse. (musicalement, ça n’a aucun intérêt, mais y en a qui aiment)

Voilà ! Nous avons parcouru les « grands » genre du Metal, ceux qui structurent cet arbre généalogique merveilleux et plein de bruit qui conduit à ce groupe de chevelu qui est devant toi. Bien entendu, il en reste plein, plein, plein d’autres genres de moindre taille (ou tendances diverses) : l’indus, le stoner, le doom, le classique, l’atmosphérique, le mélodique, le sludge, le gothique, le glam, féminin, etc., que je définirais dans une autre partie du Metaldex.

Plus tard. Parce que là, j’ai la flemme.

 

 

Après « Massacre la poésie française » : « Saccage la musique de ton pays »

De briques en ruelles d’escaliers en caniveaux
De l’automne qui s’en va à l’hiver et ses glaçons
De tout ce que j’ai bu à ce que j’ai fumé
Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
Mon IEP !

Sous la grande pluie qui courbe nos existences
Des alcools du Poste à ceux du MacEwan’s
Quelque chose dans la bière à cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma soif plus grande
Mon IEP !

Cette bière de garde au-delà de notre Cité
Aux paliens étrangers donnaient le vertige
Dont aujourd’hui vous usurpez le prestige
Toujours il répond du nom de Vladimir Sierpe
Mon IEP !

Celui du vieil Hasting tonnant de son exil
Des étudiants de 5A trimant dans l’Usine
Celui qui paya de sa poche vos hermines
Celui dont M. Delepierre dit « Qu’on le fusille » !
Mon IEP !

Anaïs tient le monde Dubout de sa palette
Des pages de l’Apostrophes s’élèvent des colombes
Ils n’en finissent pas, tes journalistes prophètes,
De dire qu’il est temps que le néolibéralisme succombe !
Mon IEP !

Nos voix se multiplient pour n’en faire plus qu’une
Celui qui paye toujours vos 1ères classes, vos erreurs
En remplissant l’ANPE, le Pôle Emploi des communes,
Que je chante à jamais celui des étudiants de cette heure,
Mon IEP !

Celui qui ne possède en euros que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée les présentations les exposés
Du tract que l’on fait le soir, le dimanche au matin
A l’Affranchi qu’on colle au mur le lendemain,
Mon IEP

Qu’il remonte du bar qu’il sorte de l’Amphi !
Celui qui chante en nous, le rouge, le rebelle,
Il tient l’avenir entre ses mains de gauchiste,
Ceux de la première à la huitième chandelle
Mon IEP !

Du TESGC, sa vie, son oeuvre.

Le TESGC, plus connu sous le doux nom de Traité européen de Stabilité, de Coordination et de Gouvernance a été adopté en due et bonne forme le 8 octobre dernier par l’Assemblée Nationale, jeudi par le Sénat. Autant dire que Cohn-Bendit s’est évanoui d’auto-satisfaction.

Pour ce qui est du Français de base, le manant est prié de bien vouloir hocher la tête et agiter son drapeau étoilé en criant « Noël mon bon maître ! » ;  quant aux fripons qui se permettent de réclamer un débat sur le sujet, Jean Quatremer de Libération les morigène à sa façon très personnelle : « nan mais vous n’avez rien capté les gars, de toute façon, vous avez, bande de rustres, deux ans de retard, on est déjà passé à autre chose, faut se sortir la tête du cul quoi« . C’est bien vrai ça. Où irions-nous, je vous le demande, si on commençait à expliquer des choses au populos, au pue-la-sueur… franchement, d’ici qu’on ne puisse plus déplorer qu’ils n’y comprennent rien… Parce que si vous avez vu un débat sur le TESGC au 20h de TF1, vous avez eu bien de la chance. Quand à trouver des infos concrètes et précises sur le sujet, c’est encore moins simple. Heureusement qu’on a des portraits du fondateur de Playmobil sur le Monde, sinon qu’est-ce qu’on s’ennuierait.

A l’Apostrophe, on ne se prend pas pour de la kro, alors rien que pour vos yeux – et pour emmerder Quatremer et Cohn-Bendit aussi – on va quand même en parler, du TESGC.

D’abord, d’où qu’il sort ? Du choixpeau magique de la Commission Européenne, pardi ! Puisque c’est un traité, on a demandé au parlement européen (ce truc vaguement démocratique et tout) de bien vouloir attendre sagement que les grands discutent, et puisqu’il a effectivement été négocié bien avant l’élection de François Hollande, il va de soi que l’arrivée d’icelui à Bruxelles n’a pas changé une ligne de code du texte, lequel est signé depuis le 2 mars 2012 (le processus en cours est donc uniquement une ratification formelle par les parlements nationaux, la France étant le 9ème état de la zone euro à ratifier son propre petit Canosa).

Et le Traité, que fait-il au juste ? Eh bien, c’est très simple, en fait. Dans le monde merveilleux d’Herman van Rompuy et de ses amis, les États sont très vilains : ils ont des méchants déficits pas beau qui contrarient les gentils marchés où les gentils spéculateurs investisseurs ont très peur pour leurs sousous, vu qu’on sait jamais après tout, la France pourrait bien faire faillite, tant 400 milliards de recettes fiscales par an, c’est quand même limite plouc. Pour rassurer les gentils investisseurs, tous les méchants États sont priés de bien vouloir tailler leurs dépenses publiques qui sont la cause de la dette et donc de la crise, la preuve c’est Franz-Oliver Giesbert qui le dit, et puis si les Allemands l’ont fait sous Schröder, y a pas de raison qu’ils payent pour tous ces glandus de sudistes feignasses et assistés qui n’ont même pas flexibilisé leur marché du travail. Quant aux hippies qui disent qu’on pourrait aussi aller briser les rotules (1) des spéculateurs et des banquiers, histoire de leur apprendre à jouer aux cons avec notre fric, laissez-moi vous dire, Jean-Henry, que ce sont de dangereux utopistes d’ultra-gauche. On constate que pour des gens qui officient dans un contexte aussi terriblement compliqué et complexe, ils ont globalement une vision du monde très simple.

Le problème, c’est qu’avec le TSGC, ils ont peut-être une chance de l’imposer, cette vision du monde. La vision en tout cas, parce que soyons franc : pour ce qui est de rendre obligatoire l’imposition du déficit structurel à  0,5% et celui du déficit tout court à 3%, ça n’est pas gagné. A moins de transformer enfin la BCE en banque centrale digne de ce nom, chargée de garantir la stabilité de l’euro (2) et d’une dette européenne mutualisée, la volonté affichée de la Commission Européenne de surveiller les déficits des États-Membres se heurte en dépit de tout au bon vieux principe de réalité : d’une part, la crise est toujours là et les croissances locales restent proches du zéro absolu, ce qui rend l’idée même d’une politique d’austérité quasiment criminelle, et, dans un deuxième temps, quand bien même les états laisseraient filer leurs déficits (ce qui sera forcément le cas, maudite réalité !) parce qu’au bout d’un moment, il va bien falloir arrêter de regarder passer les délocalisations et les fermetures d’usines et agir un peu, qu’est-ce que pourra bien faire la CE ? Froncer les yeux très très fort ? Laisser l’État tomber en faillite – et donc faire plonger la zone euro dans son intégralité ? Lui faire payer une amende par la Cour de Justice Européenne ? LAWL.

En outre, l’idée du 3% de déficit, pour être intenable, n’en est pas moins un vieux serpent de mer. Elle était déjà là dans le Traité de Maastricht de 1992, et c’est même une invention bien française, mitterrandienne pour être précis. France Inter recevait il y a quelques jours l’Inspecteur des Finances à l’origine de ce chiffre, lequel expliquait benoîtement que lui et ses potes avaient pris le chiffre carrément « au hasard sur un coin de table parce que 3% ça faisait bien ». Économiquement parlant, par contre, ça ne veut rien dire de particulier. Bref, il est certain que le TSGC ne sauvera pas le monde, encore moins l’Europe, il est en fait tout pourri, même pour un libéral. Par contre, il acte bien qu’il n’y point d’espoir sauf l’austérité, et une vision néo-libérale de l’économie, puisque la dépense publique est rien moins que criminalisée (il est probable que le prochain traité exige que le corps de Keynes soit brûlé en place publique avec des traders criant Satan ! Satan ! tout autour) ; joie et bonheur en perspective.

Bien à toi, Amadev.

PS : Cet article a été également publié sur l’Apostrophe 2.0, le journal en ligne qui va bien. Son bien biau site a’ché pôr lô : http://apostrophe.paliens.org/

(1) Législativement parlant, bien entendu.

(2)  A l’instar de ce que fait la BCF pour le Franc CFA.

Des Roms, des fourches et de la bière…

Salut à toi, petit lecteur curieux ! Je reprend sur le TESGC dans quelques instants, mais d’abord, un petit apparté en mode « Euh, what il est le fuque ? » sur cette histoire de camps de Roms expulsés manu militari par les habitants d’une cité de Marseille. Bon, soyons franc, je reste prudent sur le sujet, essentiellement parce que l’information est à priori la même dépêche AFP qui tourne en rond sur les ondes depuis ce matin. Si je vais tâcher de ne pas verser dans un jugement moral apriori qui n’aurait aucun sens, je vais quand même, parce que je suis comme ça, chafouin, soulever une ou deux questions qui m’interpellent un peu sur les bords. D’abord, les habitants ont eux-même « expulsés« , « chassé« , « fais fuir« , voire « repoussé » les malheureux habitants d’un camp de Roms qui créchait du coté de leur cité, et auquel était imputé une dégradation visible des conditions d’hygiène et de vie dans le quartier, ainsi que de nombreux actes de petite délinquances, dont on imagine bien, pour des populations modestes à quel point cela peut être contraignant et dur à vivre. Outre cette expulsion à priori « pacifique », « les habitants » auraient benoîtement « mis le feu » au campement, une fois ses occupants enfuis. Euh, moi, je sais pas vous, mais quand j’y pense, c’est plus fort que moi : j’ai en tête l’image d’une foule de type « BURN THE WITCH!« , avec force fourches, torches enflammées et exclamations rurales mais bucoliques qui sort du village en gueulant.

Cela étant posé, les Roms sont partis, comme ça, azy, total respect man, parce qu’on leur a gentiment demandé ? Je veux bien croire qu’il s’agisse d’une population qui, dans son pays d’origine (la Roumanie) a l’habitude d’être mis au ban de la société, voire poursuivie par de sympathiques brigades néo-nazie qui prennent un malin plaisir à les tabasser ou à les tuer selon l’humeur du moment (et ce, avec la complicité plus ou moins grande des institution de l’État local, même si ni l’Onu ni Viviane Reding ne s’en offusquent autant que de l’intervention d’une demi-brigade de CRS en France, l’Europe est décidément bien faite) mais quand même… je m’interroge un peu sur la valeur donnée de « pacifisme » nécessaire. Sans préjugé des habitants, le contexte pourrait laisser penser par exemple à l’intervention d’une bande de dealers munie d’AK-47 débarquée de sa cage d’escalier par ras-le-bol de ces présences qui attiraient peut-être la police et nuisait à leur commerce. Et même, si on considère qu’il s’agit bien d’une association de riverains excédés, bons citoyens, et un peu portés sur la torche, qu’auraient-ils fait si, en réponse à leurs demande « pacifique », les roms avaient opposés un « niet » velu ? La situation se serait-elle réglée à coup de fourche dans la margoulette ou ils seraient tous rentré faire une partie de tarot en buvant du pastis (1) ?

Deuxième grosse question : la police était selon les premiers témoignage présente sur place. Elle n’est pas intervenue devant « la résorbtion amiable et pacifique du contentieux« , et n’a pas non plus trouver matière à agir, aucune infraction n’ayant été constatée selon elle. De la part d’un corps de métier qui fait une partie de son beurre grâce au fait qu’il n’est guère possible de ne commettre aucune infraction à aucune loi autrement qu’en restant 24h sur 24h enfermé dans une cave obscure (3), c’est assez surprenant. Je suis presque sûr qu’il n’est pas autorisé en France de faire un feu de joie avec les possessions matérielles d’autrui, fus-ce-t-il un Rom, et donc un citoyen (européen) de ixième zone. Je suis par contre certain qu’en aucun cas la loi française ne permet à une association de citoyen de prendre en main l’expulsion d’un groupe de Roms (ou de prendre en main toute pérogative du pouvoir judiciaire). Ce n’est pas parce que le juge rend une justice au nom du Peuple Français que le peuple français est autorisé à exercer le dit pouvoir judiciaire tout seul. Un peu comme le politicien. Il vote et gouverne au nom du Peuple Français, c’est pas pour autant qu’Hubert Dupont est autorisé à ouvrir son claque-merde en pleine assemblée nationale, il faut avoir été élu pour avoir ce privilège (4).

Je vais essayer de trouver ultérieurement les textes de loi qui régulent les procédures d’expulsions (je crois que le terme exact est « mesures d’éloignement », puisqu’on ne peut pas vraiment expulser un membre de l’Union Européenne et qu’expulsion à coup de pied au cul, ça fait pas très politiquement correct), mais à priori ça doit être soit de la compétence du Préfet local (donc une décision administrative) soit de celle d’un juge (transmise au préfet dans ce cas, qui de toute façon met en oeuvre « la mesure d’éloignement ») saisi d’une plainte. Merci Service-public.fr !! 🙂 Voilà, c’était mes questions chafouines. On verra bien ce qu’il en sortira une fois qu’une dose de journalistes seront venus mettre leurs gros sabots à clous dans les plates-bandes locales.

(Pour les fous furieux que cela intéresse : http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=EB003BBD4EB3ABAF8869231CE7F65CEA.tpdjo06v_3?cidTexte=LEGITEXT000006070158&dateTexte=20120928 . Livre V et sections suivantes. Merci, Légifrance.fr !!)

Cordialement (j’ai pas oublié le TESGC), Amadev.

(1) Attention : ceci n’est pas un cliché.J’aime bien jouer au tarot (et boire du pastis aussi ^^)

(2) Est-ce à dire que dans le cas d’un règlement non pacifique de la chose, elle aurait bougé ? Et dans quel but ? Pour séparer les belligérants éventuels (et par le fait expulser les Roms pour agression ?)

(3) Regardez Natacha Kampuch. 24 ans et aucune contravention !

(4) et si nos dignes représentants nationaux sont les plus méritants des membres de notre belle communauté nationale, je m’inquiète un peu à l’idée que Nadine M. Jean-François C. ou Gilbert C. puissent être compris dans cette acception qui me semble du coup un brin douteuse.

To be in or not ? Le problème Vert.

Enfer et damnation ! 

Rien ne va plus, l’apocralypse écologiste est sur nous, le 21 décembre en avance, l’élection de JFC avant l’heure, la mort d’Aragorn dans la Fraternité de l’Anneau. Imaginez un peu, le congrès national des Verts a décidé, par moult voix contre fort peu, de ne pas voter le fameux Traité Européen. HIIIIIIIII. Le tocsin sonne dans les campagnes, les loups sont entrés dans Paris, et pire, oui, PIRE !! Daniel Cohn-Bendit est parti du Parti tout rouge colère, même qu’il a claqué la porte bien fort en sortant ; c’est décidé, Dany-le-rouge n’a plus rien à faire dans ce parti, qui n’a plus qu’à se débrouiller sans lui, au moins jusqu’à ce que le dernier journaliste soit parti voir ailleurs.  

Plus fort que les caricatures de Charlie Hebdo (1), plus merliflue que les cancers liés aux OGM transgéniques qui brillent dans le noir, la politique interne d’Europe-Écologie Les Verts semble avoir plongé la classe politique et médiatique dans l’égarement le plus complet, l’argumentation s’articulant en substance comme suit : 1) hein ? Quoi ??! 2) ooohhh ! 3) haaaaan les ‘béciles !! Démission ! 

L’affaire est si grave que le Monde en personne s’est fendu d’un éditorial des plus comminatoire, très mode Dieu-le-Père, et très « fressnozien » dans l’esprit (2), en direction des vilains chenapans qui ne veulent même pas quitter le gouvernement. Par ailleurs, moult commentateurs autorisés ont faits les gros yeux à propos du « manque de cohérence » du parti écologiste, de son « impudence », et surtout, de la nécessité nécessaire pour Cécile Duflot de démissionner, et pour cause : d’ici qu’elle prenne un peu trop d’importance avec son ministère de fou (3)… pour résumer un peu la tendance éditoriale et politique des derniers jours, « les Verts sont quand même un peu des cons« . 

… 

En temps normal, je ne suis pas le dernier, loin de là, à me rallier à cette hypothèse des plus raisonnables. Mais pas cette fois. 

Que reproche-t-on au Parti écologiste ? Le refus des ministres de démissionner ? Son rejet du « Traité Européen » Son incohérence ? Son manque de flair politique ?

Ridicule. C’est se tromper grossièrement sur la nature et les buts profonds du parti vert pomme que de croire qu’ils agissent en dépit de leur bon sens. En fait, la stratégie des verts est particulièrement maligne. J’incline même à penser que dans leur position, c’est probablement la seule qu’ils pouvaient suivre. 

Spoilons mes bons ! 

Observons d’abord que les ministres verts au gouvernement n’ont aucun rapport visible avec la décision du congrès de leur parti de ne pas voter (au parlement) en faveur le traité européen ; EELV ayant pour le coup privilégié la voie militante plutôt que d’en passer par les arbitrages directs entre députés. Et je ne suis rien moins que certain qu’au Parti Socialiste, tous les politiques qui crient au scandale auraient pris un tel risque avec leurs propres militants ; je suis même très loin d’être convaincu que, si on lui posait la question, même de loin, le militant socialiste de base se montrerait aussi pressé de signer le traité que son député semble l’être à l’entendre.  

Évidemment, EELV a pris ce risque sciemment : je ne suis pas assez candide pour croire, la bouche en coeur, que les députés verts fraîchement élus se sont soudain mis à faire de la démocratie dans un cas aussi sensible parce que c’est écrit dans les statuts et que JV Placé est un grand amoureux du mandat impératif, là, d’un coup. C’est bien parce qu’ils avaient parfaitement anticipé le rejet qu’EELV a pris le risque : vox populi, vox dei, hein, désolé vieux, on aurait bien voulu voter avec vous, t’sais, mais les électeurs, hein, ce sont de grands enfants

Un coup parfaitement calibré : le Traité Européen, dont les implications, économiques, politiques, et idéologiques en font un cheval de Troie sans équivalent depuis la fin du Plan Marshall (mais en moins généreux), ne sera même pas débattu. Après tout, il ne s’agit que d’accepter quelque chose à peu prêt aussi contraignant qu’une modification constitutionnelle, il serait ballot, avouez, que le peuple, théoriquement vaguement souverain, ai le droit d’ouvrir sa gueule (on a bien vu ce que ça a donné en 2005) ou même d’avoir droit à une vague explication à propos de ce qu’est effectivement le TESGC (ça ne veut pas dire à vos souhait en tchèque…) et surtout ce qu’il implique. Toute ces petites choses, les français vont avoir la chance de les découvrir à la dure durant ces quatre prochaines années, et, à la prochaine échéance présidentielle, risquent fort d’avoir l’air un peu grognon une fois qu’ils se seront rendus compte qu’on leur a bien fait à l’envers. Politiquement, le TESGC, ça a tout du suicide politique assez crade d’ici quelques années. Pour les Verts, qui entendent faire semblant d’être indépendants du PS (lol) et avoir un brevet de gauchisme toto, histoire de pas se faire bouffer par le Parti de Gauche, mieux vaut éviter d’y être relié, c’est bien compréhensible.

D’autant que de toute manière, le vote de la loi organique ne nécessite en fait pas le renfort des Verts (ouf) ; entre l’UMP, le Centre-Droit et le PS, il y a largement assez d’hommes d’appareil disciplinés pour voter largement la loi. En confirmant au passage aux yeux des Français qu’UMPS, il advint bien souvent qu’il y ait, pour le plus grand bonheur de JeanMarine. Notez bien que il n’y en serait pas allé de même avec le vote du budget qui transcrivera dans les faits les diktats du TESGC. Évidemment, pas question  d’une alliance naturelle entre la majorité et la minorité (on ne parlera pas d’opposition dans ce cas-là).. Heureusement, les Verts n’entendent pas du tout faire défaut au PS sur ce point là. Plus exactement, ils n’entendent absolument pas perdre leurs ministres : ils ont trahi dur et abandonné beaucoup de convictions pour en arriver là où ils sont, oh ! Courageux, mais pas téméraires, les Verts. 

Dans un prochain article, je vous parlerais entre deux rapports de stage des petites clauses taille 8 en bas du Traité qui ne doivent pas être si intéressantes que ça, vu que personne ou presque ne daigne en faire la mention. Un oubli malheureux j’en suis sûr. 🙂

Cordialement, 

Amadev (FR). 

(1) Où on doit un peu tirer la gueule. Si les seuls qui se mettent à baver de rage et à sauter sur place comme un poulpe affligé d’une rage de dent lorsqu’on fout Mahom’ à oilp en Une, c’est les politiques français (et Dany en tête, cet homme est un génie quand il s’agit de passer pour un flan, ne trouvez-vous pas ?), s’carrément plus du jeu. 

(2) C’est un peu comme se faire tabasser par un poisson rouge mort. Je sais pas si vous avez déjà expérimenté. 

(3) Le Ministère du Logement, tu peux just’ pas test’ tavu. 

A l’Ouest du Faubourg Saint-Honoré rien de nouveau

« Il faut que tout change pour que rien ne change« , selon le mot de Tancrede. La France post-sarkozyste est un exemple remarquable de la véracité du cynisme de Guiseppe (1). Tout a changé… et rien ne se passe.

Le Changement c’est main… bientôt.

Non, vraiment, en trois mois, il ne s’est quand même absolument rien passé, y compris dans le cadre de l’affaire PSA, qui ne représente jamais que 25 000 emplois (en France, on s’en fout des emplois perdus chez les autres). Bien entendu, à aucun moment je n’avais ne serais-ce que caressé l’espoir vain que François Hollande change le monde. Lui-même d’ailleurs ne le prétendais absolument pas, et c’est d’ailleurs avec une bonne fois taillée en mithril que les bataviens expliquent que le gouvernement applique à la lettre toutes ses promesses de campagne. Ben, du coup, oui. En même temps, il n’avait rien promis et annoncé en substance qu’il ne ferait pas grand chose à cause de 1) l’Europe 2) La dette, oh mon dieu, la detteeeeeee ! Vous me direz, entre promettre n’importe quoi comme Sarkozy, ou rien promettre du tout comme Hollande… la différence est faible. Enfin, si : rien ne se passe, mais au moins on a pas perdu de temps à faire semblant. Le quinquennat Sarkozy a été la chronique lamentable du renoncement successif à l’application de tous les projets de loi (2) censé concrétiser les promesses de campagnes, jusque et y compris à l’énorme dossier-enjeu de la Dépendance, aussi appelé « Il y a 20 millions de vieux, filons-leur un paquet de blé pour qu’ils votent bien ». En étant sympa, on dira que c’est une illustration de l’écrasement du volontarisme politique sur le rocher de la réalité. En étant réaliste, on conclura que sauver l’Europe du libéralisme en rajoutant encore plus dans le délire libéral, ça revient à vouloir sauver un mourant en lui tirant une balle dans la tête.

« La Commission européenne sauvant le peuple grec à coup de hache sous le regard de la Chine » – 2012- Huile sur toile – Angela Merkel

Il est à craindre désormais que le quinquennat Hollande se résume à une longue attente, les renoncements ayant tous été actés – et très clairement annoncés – avant même l’entrée en campagne du candidat Hollande. Il n’y a absolument rien de surprenant là-dedans, et il est aussi vain de crier à la trahison ; Hollande, et le parti socialiste en général, sont tous deux dans leur rôle, appliquant du mieux qu’ils peuvent leur doctrine sociale-libérale, pendant de l’ultra-libéralisme sarkozyste qui vise peu ou prou les mêmes choses : assurer l’ordre social établi, dans le but de laisser libre champ à ceux à qui profitent (massivement) de cet ordre pour s’en mettre plein les fouilles. La différence principale, c’est que le social-libéralisme considère qu’il vaut mieux donner un peu de miettes (quelques alloc’, un peu de respects, des droits…) au bon peuple pour qu’il reste calme plutôt qu’en lui foutant des coups de matraques dans la gueule, ce qui vise la même finalité, mais est plutôt dans les habitudes de l’ultra-libéralisme. En somme l’alternance, c’est la carotte et le bâton pour l’âne de la population : c’est la magie de l’alternance dans un système bipartisant (3), sur le modèle de l’Amérique ou de la France, donc.

En vérité, quand bien même Hollande voudrait sincèrement (et d’ailleurs, je le croit sincère) vaincre la crise, il en serait parfaitement incapable. Mais pas seulement, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, parce qu’il en est empêché par les règlements dictatoriaux et à la limite de la démence d’une Union Européenne sciemment construite de manière à en expurger toute trace, fus-t-elle microscopique de démocratie populaire (toujours trop prompte à ne pas considérer les deux faces du problème, comme le bon sens versus les petits cadeaux des lobbystes). ça, c’est un argument foireux. Certes, l’Angleterre est contre tout et l’Allemagne contre ce qui reste, mais ça laisse 25 petits camarades qui sentent passer le rasoir de la dette. En effet, de la même façon qu’un kremlinologue (4) ne pouvait concevoir un monde sans Union Soviétique, le gouvernement ne peut concevoir le monde qu’au travers de l’idéologie libérale – une idéologie d’autant plus forte que son principal titre de gloire est d’avoir fait croire à tout le monde qu’elle n’est pas du tout qu’allez vous croire ma bonne dame ! une idéologie comme une autre, mais rien moins que l’état normal de l’homme, comme la station bipède.

De là les ballottements tristounets d’Arnaud Montebourg, ministre affublé d’un ministère au nom marrant à défaut d’un budget et d’une administration efficace (5). Ben oui, c’est con, mais quand on est un état, y a deux moyens d’influer sur la politique économique de ses entreprises : 1) par le réglement, ce qui n’est pas toujours efficace pour les raisons évidentes que au bout de trois cents années de réglementations souvent contradictoires, ça s’annule dans tous les sens et que la modernisation du droit administratif arrivera probablement le même jour que le Ragnarok, et petit 2) par la prise de participation directe au conseil d’administration des entreprises, un système qui a fait les grandes heures des Trentes Glorieuses et du boom économique chinois (lequel applique avec succès les méthodes européennes des années 1860, soit dit en passant). Seulement, comme cette prise de participation (qui rapporte de l’argent à l’état, sacrilège) prive les ploutocrates (je ne vois pas quel autre nom leur donner) libéraux d’un confortable gâteau, et en plus pourrait les forcer à privilégier l’intérêt personnel d’eux-même à l’intérêt général de tous les Français, l’état s’est empressé de s’amputer de tous ces moyens d’actions efficace sur l’économie, sans oublier de s’ôter amoureusement la compétence sur le contrôle de sa propre dette. En bref, l’état a agi dans le contraire du simple bon sens économique et politique, et tant qu’il ne voudra pas revenir là-dessus, sera forcément vaincu dans la bataille (à fortiori sous Hollande, puisqu’il refuse de l’engager, la fameuse bataille).

En bref, rien ne sert de crier, il fallait voter plus tôt (c’était le passage « je vous l’avais bien dit » de cet article) : Hollande va sauver les meubles de son mieux, agira de façon globalement plus positives que son prédécesseur, et reconnaîtra même diverses évolutions de la société, comme par exemple le fait que désormais les homosexuels sont des êtres humains et qu’ils jouissent des mêmes droits et devoirs que leurs petits comparses, ce qui objectivement, n’intéressera que les intéressés et fera la grande joie du dernier carré de curetons (qui n’aiment rien tant que démontrer que la religion peut encore se rendre ridicule) et des laicards (qui vont pouvoir rebouffer du curé à la pelle grâce aux sénilités de monsieur Barbarin, évêques des Gaules.). Au moins, on va s’amuser un peu avant de couler. Bref, une petite pause avant la chute. Oui, ce billet est vaguement pessimiste, mais toute ma reconnaissance envers François Hollande pour avoir prolongé de cinq ans notre espérance de vie avant la Grecquisation  (n.f. : se dit d’un pays foutu dans la merde par des libéraux inconséquents qui revote pour ces-derniers de peur de s’en sortir d’une manière moins conforme au diktat germano-orthodoxe) ne peut suffire à me faire oublier qu’à chaque fois que les socialistes ne font rien lors d’une fermeture d’usine, on martèle aux oreilles du petit peuple que c’est la Gôche ne peut rien. Ben oui, c’est la gauche, merde ! Enfin, puisqu’ils le disent eux-même, les socialistes, qu’ils sont à gauche ! On ne va pas mettre en doute leur parole, hein, petits sacripants, ils doivent bien le savoir, où ils sont, et ils sont à Gauche, qu’on se le dise. Ils sont à gauche parce qu’ils le disent, et s’ils le disent, c’est bien parce qu’ils sont de gauche, non ? CQFD.

Bref : Gôche ne peut rien, Droate a déjà échoué. En somme, Pince-mi et Pince-moi sont dans un bateau, la crise les fout à l’eau, qu’est-ce qui reste ?

Bien cordialement, Amadev(fr) who is back.

(1) l’Auteur de ce Blog est l’un des rares êtres vivants à avoir fait une terminale L et a avoir voué un culte à di Lampedusa et à son fameux Il Gatopardo.

(2) Il serait fastidieux d’en dresser l’interminable liste, mais du Grenelle de l’Environnement jusqu’aux lois de censure (ou  loi « par ici le vote des arméniens« )

(3) Système bi-partisant. Système dans lequel seuls deux partis sont assez important par nature pour pouvoir prétendre gouverner, l’un chassant l’autre à chaque échéance, comme deux hamsters qui se courent après dans une roue. Par définition, chacun des deux partis étant assurés, moyennant un peu de patience de revenir tôt ou tard aux affaires, il serait suicidaire de sa part de détruire la roue (et tous les avantages confortables qui y affèrent), pour, par exemple, créer une vraie justice sociale.

(4) c’était ces journalistes occidentaux qui du temps de l’URSS étaient spécialisés dans l’étude de ce qui filtrait de l’enceinte du Kremlin (grosso modo, que dalle) pour prédire le jour de la fin du monde, d’après une savante triangulation entre le repas mangé par le Premier et le vol des Sukhoi dans le ciel. Leur inefficacité à prévoir la fin du monde fut confirmée une bonne fois pour toute en 89, pas un n’ayant pu imaginer un monde sans URSS, et donc sans boulot (pour eux).

(5) Ce qui n’est pas un oxymore pour moi.

La part des Anges

(The Angels’ share)

Il y a certains réalisateurs, c’est comme ça : on sait que l’on peut aller voir un de leurs films sans trop de risque parce que ça sera… eh bien, pas forcément génial, mais au moins très bien, parce que le talent du type est tel qu’il est quasiment impossible, à moins de le vouloir vraiment très très fort, qu’ils sortent un vrai navet, pas un de ces films tellement minables et nuls qu’ils atteindront fatalement la célébrité éternelle, comme Soldat Cyborg, mais plutôt de ceux qui ne méritent que de se faire kro’ par l’Odieux Connard, notre maître à tous.

Ils ne sont pas très nombreux, ces gens-là qui peuvent prétendre au génie : il y a Woody, Pedro Almodovar, Audiard, et puis le britannique, Ken Loach. Ah ! Ken Loach. Et puis son scénariste de malade, Paul Laverty – 1 génie + 1 génie ? Aie, des maths ! -. Anyway, j’vais pas vous prendre en traître : je suis un fan absolu de Loach, qui est pas loin d’être pour moi l’équivalent au cinéma de GRRM et de Rolf. Alors, quand j’ai appris que Kennie (oui, je l’appelle Kennie mais bon, j’ai téléchargé regardé tous ses films, alors hein ta bouche.) avait fait un nouveau film, et qu’en plus ça parlait d’écosse et d’alcool… Yiouhou !  Génial ! Faut dire que j’adore ça. L’Écosse, j’veux dire.

Le dernier film de Ken Loach est comme un verre de whisky ; puissant et ambré, à la fois rude et plaisant, avec une belle longueur en bouche, et des notes vives et puissantes de tourbe, de fumée, de bruyère et de rocaille, dans la brume épaisse des Highlands, où les moutons à tête noire broutent, où les monstres nagent dans les lochs (mot qui semble prouver une origine commune entre Lillois et Scots, et pas seulement parce que les hommes y portent souvent des vêtements féminins. « a’lôch’eud’byââire » est une locution courante au-dessus de Paris), bref, là où que je serais bien parti en vacances pendant deux semaines un jour.

Bref. Le film s’ouvre au coeur de l’Écosse – l’accent te met la puce à l’oreille -, dans la  banlieue de Glasgow, avec les ors rouges d’un tribunal de sa Grasseious Majesty, pourvue d’un juge à perruque (probablement pour cacher qu’il est roux, le perfide !) auquel on donne du My Lord dans un queen’s English qui fleure bon son Oxford. En face, des visages à la limite du Zolien, typique des fresques Loachistes ; des voix hésitantes au lourd et réjouissant accent écossais. Celui des petits thugs  (voyous) – Rhino, Mo, Jean-Patrick… – qui passent à la chaîne sans envergure, errant de peccadilles ineptes en vols pathétiques, et d’échecs en arrestations… et quels crimes (1) ! On rit dans ce tribunal des flagrants délits. Le simple énoncé des  »crimes » de la petite bande semble être une ode au courage sans faille des branques, jamais derniers pour faire, comme dirait Barthès, « une grosse connerie« , comme « envelopper la statue de la reine Victoria d’un drapeau écossais » ou faire preuve de lambinerie délictueuse… Sauf que l’un d’eux, Robbie – Robert, comme The Bruce – a pourtant frôlé la catastrophe ; une bagarre sous l’influence de la drogue a couté un œil à sa victime.

L’ombre de la prison rôde, le cycle infernal de la violence et de la haine de soi et des autres : le jeune homme se recroqueville sous ses cicatrices – visibles ou non. Il y a de la peur, de la violence, dans son regard d’enfant traqué.

De gauche à droite : Mo, kleptomane ratée dans le civil, Rhino, boulet officiel, Robbie, chef de bande, et Jean-Robert, vu que son surnom m’échappe.

Mais l’enfant a une compagne, Leonie, dont il va avoir un enfant dans quelques jours. Il évite la prison : pour lui et les autres, ça sera les travaux d’intérêt général. La suite est évidente, presque convenue : le jeune ‘’à la dérive’’ qui rencontre une belle âme (en l’occurrence, Harry, grand amateur d’orge distillé) qui l’amènera sur le chemin d’une certaine rédemption, au travers de la dégustation du breuvage écossais par excellence, celui qui se boit de préférence à 16 ans d’âge. Et le jeune Robbie, lui que l’on considère comme un éternel raté, de se découvrir soudain un talent : il a un palais et un nez d’exception pour le whisky, digne d’un  grand  »gaich », qui est à la liqueur calédoniénne ce que l’oenologue est au vin, capable de reconnaître la marque et l’âge (voire le chêne du fût) dans lequel a muri le précieux breuvage.

La grande maîtrise de Ken Loach apparaît clairement lorsqu’il s’empare d’un thème pourtant revisité mille fois, et qu’il le transcende (sans quand même le renouveller, faut pas trop en demander, l’exercice frise l’impossible) par son humour malicieux et ses scènes poignantes. On rit, on s’émeut, on vibre en communion avec cette bande de gentils loosers qui découvre le whisky et certaines des … disons… opportunités plus ou moins légales qu’un malt des plus rares et précieux peut offrir à qui est décidé. Nec plus ultra de la chose, on profite aussi un peu de (trop rares) paysages écossais – on aurait sacrément tort de se priver, car ce pays est magnifique.

En signant la Part des Anges, du nom donnée à cette petite partie de l’alcool qui s’évapore naturellement hors des fûts de fermentations pour se perdre dans les airs, Loach livre là un nouveau grand film, où le réalisme social du maître pétille de malice et d’humour, sans une trace de tristesse ou de désespoir. Un film à voir absolument, de préférence avec un bon scotch en main.

The Angels’ Share, Comédie dramatique (2) (1h41) de Ken Loach, avec Paul Brannigan, John Henshaw et Gary Maitland. En salle depuis le 27 juin.

(1) Ne pas voir The Angels’ Share en VO n’est pas qu’une faute de goût, c’est aussi le plus sûr moyen de perdre  la moitié du charme de ce film.

(2) n’ayez pas peur, il n’y a rien de dramatique dedans.

UMPS ? U don’t say ?

C’était l’un – si ce n’est le – des thèmes majeurs de la campagne de notre Front national, l’argument principal sur lequel le parti des hauteurs de Saint-Cloud se basait pour se présenter comme la victime : la collusion UMPS.

Il parait que dans le temps les partis de gouvernement s’alliaient entre eux, tacitement, pour que des partis anti-républicains et antisémites n’entrent pas à l’Assemblée Nationale. On appelait ça le Front Républicain, puisque la République, par définition, ne se fonde pas sur une rhétorique qui vise à prouver que le problème, en fait, c’est surtout les autres, surtout s’ils sont franc-maçon, communistes ou juifs basanés et qu’ils prient pas comme nous. Le Front National n’aime pas beaucoup le « Front Républicain », en théorie parce que c’est rien qu’un argument moisi pour que les grands partis continuent à confisquer le pouvoir, en réalité surtout parce que si le Front s’appelle National, c’est parce qu’il n’a rien de Républicain. Et qu’il n’a pas compris grand chose non plus de ce qu’est la France. Nonobstant, je m’attendais, partout où la République est en danger, c’est-à-dire là où la peste noire s’est installée au deuxième tour, à ce que l’Union Sacrée prévale entre droite et gauche, unie dans la mystique républicaine qui va bien, parce que, credieu, c’est pas parce qu’on est de droite que l’on oublie d’où on vient et ce qu’il y a en face.

Ah ah ha ! Non, allez, sérieux. J’entendis Nadine Morano, ancienne ministre de la République (même si j’avoue que c’est un souvenir que nous voulons tous oublier, même à droite) nous dire – dans Minute –  » Bah ouais, Paulo, j’ai les mêmes valeurs que le Front National et vice-versa, et alors, ça t’défrise ? Et quoi, Paulo, c’est plus le temps d’faire ta duchesse, là, faut poser les couilles sur la table, sort ta queue et pisse un coup, voilà c’que j’en dis« , ce en quoi d’ailleurs elle se montra une nouvelle fois l’archétype le plus parfait du Sarkozysme historique : vulgarité, faute de français et opportunisme de péripatéticienne de la politique. La « droite décomplexée » ? Oui, y a un nom pour ça, c’est Extrême-droite. Qui est le mot poli pour d’un conservatisme réactionnaire aux cheveux ras, aux idées courtes et au mot d’ordre simple (Protéger le Libéralisme Servir le Patrimoine !) des plus classique dont l’Europe a pu s’enorgeuillir dès 33 (1). Suite à quoi Courage Fillon, ex-premier ministre au sourcil fourni et au gaullisme social, délivrait cette citation  -authentique (et déjà cultissime)- : « Mais oui, les valeurs des électeurs du FN sont les mêmes que celles de Mme. Morano. Les valeurs de Mme. Morano sont les mêmes que les miennes. Mais nos valeurs communes ne sont pas celles du FN. »… euuuh… ben, si, du coup ? ‘fin, tu viens de le dire quoi. Non, je veux dire, si valeur FN = valeur UMP alors valeur UMP = valeur FN.

Rendons ça plus clair.

Si par A on entend les valeurs des électeurs du FN, qui sont donc, par définition celles du FN, par B, on entend les valeurs de Nadine Morano, et par C, celles de Fillon, et donc de l’UMP, et que si A=B et que B=C alors A=C.

On appelle ça la relation de Chalses, et c’est l’unique formule mathématique que j’ai jamais fait l’effort de vaguement retenir de toute ma scolarité. Comme quoi, mon prof avait raison finalement, les maths c’est parfois utile dans la vie.

Dans le même temps, le sémillant Chassain, candidat malheureux à la députation dans le Gard annonçait de but en blanc son désistement en faveur de … la candidate FN pour faire battre la Gôche forcément socialo-communisssss’, mais quand même républicaine, manque de pot. Ce qui fait, que, j’ai beau chercher, et Marine Le Pen peut bien se faire mousser avec son espèce de ridicule « liste noire », on observe bien plus un phénomène UMPFN (ou FNUMP, vu que c’est l’UMP qui va au FN et non le FN à l’UMP) qu’une alliance UMPS. C’est Mongénéral qui doit kiffer sa race.

« Stu une joke, là ?!! »

La droite peut bien essayer de la dissimuler avec la discrétion d’un couteau dans le dos de Ségolène Royal (2), mais la politique « du ni-ni » – ni PS ni FN – ne consiste rien de moins à mettre sur le même plan le PS et le FN. Pourtant, à moins d’être gravement atteint, on ne peut ignorer qu’entre FN et PS il existe comme une petite marge dans l’infamie. Certes, modeste, je suppose, pour un esprit ump de base, mais quand même, enfin, c’est déjà grave de poser qu’entre des républicains de gauche et des xénophobes bornés (que normalement jamais vous leur parlez, hein, c’est bien ce que vous prétendez) il n’y a pas de différence. Ou alors… ou alors, il faut retourner le problème et considérer en fait que pour l’UMP, il n’y a désormais d’infamie à s’allier avec le FN, lequel serait en fait une espèce de « parti communiste de droite« , donc en gros,un allié naturel dans la guerre contre l’horreur gauchisto-sociale, idée qui est délicatement propagée à coup de bottes ferrées par les éditorialistes pré-UMPFN tels que les remarquables Eric (Zemmour) Ivan (Rioufol) et Elisabeth (Lévy) plus connus sous le nom du Club des Fols ; après tout, c’est la « bien-pensance » de la Gôche honnie et son « angélisme » criminel qui ont ostracisé un parti National-Républicain (the fuck ? oO), qui dit « pas que des choses fausses » -ma bonne dame-, qui « défend courageusement notre modèle social » -depuis Saint-Cloud, donc-, et qui en plus, ne s’attaque plus (ouvertement…) aux Juifs-complotistes-franc-maçon-sionisto-communistes (ce qui serait diabolique, méchant et nazi), mais aux musulmans islamistes-terroristes-venus-par-bateau-tuer-nos-enfants, ce qui n’est que d’un laïcisme bien républicain, même s’il interdit aux Pédés  homosexuels de se marier ensemble, et aux assassins avorteurs d’exercer leur métier, parce que c’est interdit par la Bible (qui n’est PAS un livre religieux du tout, figurez-vous). LOL.

Seulement, cette « dédiabolisation » du FN, c’est du bullshit, un discours de Jean Charest serait plus honnête ; c’est que, voyez-vous, le FN, comme tout ses petits camarades, n’en a en fait rien à carrer que la victime de sa haine soit l’immigré, le représentant d’une religion non catholique ou le patagon. J’ose même dire que les musulmans, l’islam, tu t’en bat la nouille avec une francisque. Un jour ou l’autre – comme tu n’arriveras probablement jamais à vraiment prendre le pouvoir chez nous, sauf invasion de l’Allemagne -, les mentalités auront changé comme elles changent toujours et plus personne d’autre -hormis que les éternels paumés de l’histoire que tu rassemble normalement- ne s’offusquera de ce que Momo mange son poulet hallal ; ou que Laurence et Gertrude puissent se marier et avoir beaucoup d’enfants, et tu arrêteras alors de nous casser les fumes avec ton islamophobie à la gomme. Mais je ne me fais pas de soucis, tu ne manqueras pas de trouver un nouveau groupe de bouc émissaire. L’important pour toi, ô mon ami réactionnaire conservateur au front bas, c’est juste de haïr. Tu t’en fout du resteL’objet de cette haine, limite, il s’en bat : la haine, l’exclusion, la dénonciation de l’Autre, c’est ce qui justifie son existence, et il n’existe que par elle, c’est son fond de commerce au final. Tu peux essayer de cacher ça, de transformer ton nom, de changer de victime, c’est inutile ; en définitive, ton but, cher Fn, c’est toujours de dénoncer autrui pour bloquer toute progression de la Gôche, ton seul, unique et véritable ennemi depuis que tu existe.

De là, il est excessivement peu surprenant que l’UMP s’allie avec le FN ; eux aussi, ils ont des petits problèmes avec la Gôche. D’ailleurs, convenons que les éditorialiste de la Drouate ont bien raison, d’un certain point de vue : dans le combat pour la défense de l’Argent de la doxa ultra-libérale, on peux penser, quand on pense comme eux, que le meilleur allié face au PS partageur et social (lol), c’est le Front National.  De là, il est normal de dénier à l’UMP le droit de représenter la droite républicaine (qui n’est donc pas la même que la droite parlementaire), celle qui ne pactise pas avec l’extrême-droite. De là aussi, on peut avoir un peu de compassion pour François Bayrou, qui paye pour avoir sauvé l’honneur de la droite – ce qui ne lui a pas valu un meilleur sort de la part du PS, mais voilà dix ans que les Socialistes attendent pour pouvoir se goinfrer à leur tour, c’est pas pour réagir plus intelligemment (3) que leurs prédécesseurs malchanceux. Et heureusement, d’ailleurs, parce que sinon, il n’y aurait plus d’alternance, avouez que ça serait ballot…

Bien cordialement, Amadev (FR)

(1) Sans faire de comparaison oiseuses, remplacez crise de 29 par crise de 2008, Youpin par Bicot et « ce jeune caporal allemand prometteur, ce monsieur Adolf » par « cette jeune blonde sympathique », et les similitudes vous sauteront aux yeux. Tout simplement parce que de tout temps et en tout lieu, l’extrême-droite n’a jamais été rien d’autre que les idiots utiles du système capitaliste, pour détourner l’attention des masses sur le bouc émissaire de service, histoire qu’ils arrêtent de se demander qui a provoqué la fameuse crise économique. Non, non, la Grèce est juste victime de l’immigration illégale, allons. Are u fucking kidding me ?

(2) Franchement, après la campagne de 2007, je pensais pas qu’il y avait encore la place pour un de plus, mais l’histoire récente vient de nous prouver le contraire. Et à mon humble avis, les défenseurs des droits de la femme ne vont pas remercier très chaleureusement la Première Folcoche  (comme doivent déjà l’appeller les Quatre Fils Aymon Hollande).

(3) En s’alliant avec le Front de Gauche de manière correcte et honnête, il y aurait bel et bien eu une vague de gauche à l’assemblée. Mais, non, le PS ne voulait pas.